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Pourquoi l'arrivée de la 5G est-elle redoutée par les météorologues


La 5G est arrivée officiellement en France le mercredi 18 novembre. Nombre de météorologues voient la 5G comme un frein quant à la qualité des prévisions météorologiques.

Dans un premier temps, les bandes à être utilisées en France sont celles comprises entre 3,4 et 3,8 GHz. Sur le schéma ci-dessous, nous voyons que d'autres bandes sont réservées pour le développement de la 5G. Ce sont celles situées entre 24,25 et 27,5 GHz qui posent problème pour les prévisions météorologiques.

 

5G

Les différentes fréquences existantes et à l'étude - ANFR (Agence Nationale des Fréquences)

 

Phénomène de bord et interférences

Les prévisions météorologiques sont réalisées à l'aide des modèles numériques, eux-mêmes découlant des signaux émis par la vapeur d'eau, situés sur la bande de fréquences comprises entre 23,6 à 24 GHz. Comme dit précédemment, la 5G devrait aussi utiliser à terme les fréquences situées sur la bande 24,25-27,5 GHz.

Le phénomène pouvant mettre à mal la qualité des prévisions météorologiques est appelé "phénomène de bord". En effet, les antennes projetant des ondes à une fréquence donnée émettent des ondes dans des fréquences proches. Ainsi, les fréquences émises par la 5G commençant à 24,25 GHz peuvent interférer avec celles utilisées pour la vapeur d'eau. Ce phénomène de bord peut alors fragiliser la qualité des prévisions, où les modèles météorologiques pourraient être parasités par ce qu'on appelle le bruit, provenant des fréquences de la 5G.

Ces interférences entrent en jeu lors des prévisions à court et moyen terme, ainsi que pour le recueil de données sur le changement climatique. Le problème ne peut pas être déplacé en météorologie avec la technologie actuelle.

 

Opposition entre communauté scientifique et télécoms

Il y a un an et demi, la NASA faisait part de son inquiétude concernant le phénomène de bord. Elle craint de perdre une masse de données colossale. Et pour cause, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) a indiqué que les fréquences de la 5G pourraient engendrer la perte de plus de 75% des données que les satellites recueillent à l'heure actuelle. Cela amènerait une baisse de la qualité des prévisions de 30% et un retour dans les années 1980 dans l'anticipation sur le continent américain, où on pourrait avoir une réduction de 2 à 3 jours sur la prévision de la trajectoire des ouragans.

Fin 2019 l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale) est également de cet avis. Il craint les conséquences que peuvent avoir les ondes de la 5G sur les prévisions météorologiques. Les fréquences utilisées pour ces prévisions sont protégées contre le brouillage radioélectrique. Cela ne garantit pas pour autant que des interférences ne peuvent pas se produire. Ces dernières mesures ne sont pas assez contraignantes de la part des scientifiques.

Les télécoms en revanche, se situent en opposition aux recommandations de la communauté scientifique.

Des études sont menées par le Ministère de l'Économie et des Finances, conjointement à l'ANFR sur les conséquences possibles de la proximité des fréquences de la 5G avec celles de la vapeur d'eau, et les recommandations pour protéger ces données et ainsi éviter des interférences.

 

 damien   Article écrit par Damien Valette

 

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Dernière mise à jour le Dimanche 28 mars 2021 à 08:12:50

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