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Tendances saisonnières


 

► Dernière mise à jour : 20 janvier 2018

 

Écarts thermiques par rapport aux moyennes saisonnières en 2017

 

 

Synthèse climatique depuis le début de l'année 2017 en France métropolitaine

 

Le début d'année 2017 s'est avéré plutôt froid avec un mois de janvier inférieur de 2°C aux normales saisonnières, février a compensé ce déficit avec des températures nettement plus douces que la normale (+2.5°C).

Le printemps a également été excédentaire au niveau des températures avec respectivement + 2.3°C, + 0.5°C, + 1.5°C pour le trimestre mars, avril et mai. Les précipitations sont restées très largement déficitaires sur la quasi-totalité du territoire.

L'été météorologique a débuté avec un mois de juin très chaud, classé en seconde position des plus chauds depuis 1900. L'ensoleillement a été bon et les précipitations légèrement déficitaires bien que inégales. Juillet a été un peu plus chaud que la normale, humide dans le Nord-Est, bien sec entre la façade atlantique et les côtes de la Manche et exceptionnellement sec dans le Sud-Est. Le mois d'août a été quant à lui relativement frais sauf dans le Sud-Est qui a été concerné par une chaleur intense et durable.

Le début de l'automne météorologique s'est affirmé dans une certaine fraîcheur avec un mois de septembre plus frais qu'en temps normal (déficit de 0.9°C sur le territoire) avant un mois d'octobre exceptionnellement sec, bien ensoleillé et plus chaud que la normale. Il se révèle même historique dans le Sud-Est avec de nombreux records concernant les faibles précipitations et un fort ensoleillement. Le mois de novembre 2017 se situe légèrement en dessous des normes en termes de températures et s'est avéré franchement déficitaire en ce qui concerne les précipitations. D'une manière générale l'automne météorologique n'a pas présenté d'anomalie thermique particulière mais a été remarquablement sec. L'année s'est terminée avec un mois de décembre humide, peu ensoleillé et légèrement plus doux que la normale.

 

 


 

Les indices pour la suite de l'hiver

 

Comme nous vous l'avions annoncé, les indices font leur apparition dans nos tendances saisonnières, nous allons principalement évoquer les indices susceptibles d'avoir une influence sur l'hiver. A l'heure actuelle, ces indices sont favorables à la mise en place d'un temps plus froid mais la dynamique atmosphérique ne semble pas vouloir se mettre en place sur les projections à très long terme.

 

Premièrement, il s'agit de l'ENSO ; la Nina s'est mise en place assez rapidement depuis la fin de l'été, elle devrait poursuivre son développement avec une intensité modérée (les chances d'une Nina modérée ont particulièrement augmenté ces derniers temps) pour atteindre un pic prochainement. 

En règle général, la Nina favorise un schéma type NAO-. De ce fait, cela accroît considérablement les chances de voir des décrochages polaires dans l'hémisphère nord (notamment dans l'ouest de l'Amérique du Nord et en Europe). Cependant, durant les mois de janvier et février elle a plutôt tendance à favoriser un schéma type NAO+ c'est-à-dire une certaine douceur...

Prévision d'une Nina faible à modéré d'après le modèle américain CFS

 

 

Deuxième paramètre, la TNA, ou plus familièrement l'ENSO de l'Atlantique, concerne une bande océanique proche de l'Afrique. Celle-ci influence l'activité cyclonique dans l'Atlantique et pourrait également avoir un effet sur notre hiver. En effet, lorsque la TNA est positive, ce qui est le cas, elle accroît sensiblement le nombre de phénomènes tropicaux dans l'Atlantique et favorise l'installation d'une NAO- en hiver.

 

Autre indice, la QBO. Nous sommes progressivement rentrés dans une phase de QBO Est. Ses effets sont les suivants : lorsque que la QBO est en phase Est, cela contribue à ralentir considérablement les flux zonaux dans la stratosphère. Ce ralentissement des vents zonaux se propage ensuite lentement vers la troposphère et contribue au ralentissement du courant jet. Or, lorsque le courant jet est rapide, le vortex polaire est très bien constitué et le froid reste cantonné aux pôles. Au contraire lorsque le jet stream est lent, il se destructure totalement et le vortex polaire se désorganise à son tour tout en déversant du froid sur des latitudes plus basses. Néanmoins, ce seul facteur ne suffit pas puisqu'il faut également prendre en compte l'activité solaire, les deux paramètres sont généralement associés. Par exemple une QBO Est associée à une activité solaire forte ne favorise pas la NAO- contrairement à une QBO Est associée à une activité solaire faible.

 

Justement, l'activité solaire est actuellement faible et devrait le rester. Donc, cela est a priori de bon augure puisqu'une QBO Est associée à une activité solaire faible favorise nettement un schéma type NAO- et donc des coulées froides dans l'hémisphère nord. Cependant, un petit bémol concerne l'activité solaire. En effet, la Terre reçoit le maximum de particules énergétiques plus ou moins 4 ans après le maximum solaire. La raison vient de l'alignement entre la Terre et l'équateur solaire, lorsque l'activité solaire est à son maximum, les perturbations solaires se produisent loin de l'équateur et ne vont donc pas vraiment dans notre direction. En revanche, lorsque l'activité solaire est sur la phase descendante juste après le maximum, les perturbations solaires tendent à se produire de plus en plus près de cet équateur.

Puisque la Terre est alignée avec l'équateur solaire, c'est durant cette période que nous recevons le plus de particules énergétiques. Lors de l'hiver 2016-2017 nous étions en plein dans le maximum du flux de particules résultant d'une activité solaire plus forte dans le début des années 2010. Or un flux de particules élevé a davantage tendance à favoriser une NAO+ et donc un temps plus doux sur la France. Pour l'hiver 2017-2018, nous ne serons plus dans ce maximum du flux de particules puisque ce dernier baisse progressivement au fil du temps. La bonne nouvelle est donc que cela ne favorise pas de NAO+. Mais, le flux de particules reste tout de même considérable et il ne favorisera pas non plus une NAO-...

 

Activité solaire (courbe bleu) et flux de particules (courbe rouge)

Activité solaire (courbe bleu) et flux de particules (courbe rouge)

 

 

En conclusion, la majorité des indices auraient tendance à favoriser une NAO- pour la fin de l'hiver (à partir de la mi-février) avec un potentiel froid non négligeable. Il est également à noter que malgré une quasi-unanimité des indices, la plupart des grands modèles météorologiques à très long terme vont dans le sens de la persistance de conditions douces sous régime NAO+ ce qui va à l'encontre du signal froid dominant pour la fin d'hiver 2017/2018.

De plus, avec les nombreux changements rapides actuels (circulation atmosphérique perturbée, vortex polaire chahuté) les schémas et indices des années antérieures, auxquels on avait accordé de l'intérêt, semblent beaucoup moins opérants dans certaines parties de l'hémisphère nord comme dans l'Atlantique nord notamment d'où certaines difficultés rencontrées dernièrement dans la tendance saisonnière.

 


 

Tendances à l'échelle de la France pour le trimestre à venir

 

Février : doux et sec

 

Tendance saisonnière : février 2018

 

Le deuxième mois de l'année 2018 devrait être dans la continuité de janvier 2018 avec une grande douceur. La seule différence résiderait en l'installation durable de conditions anticycloniques sur l'Europe. Le temps serait donc sec et très doux, le Nord-Ouest pourrait tout de même voir quelques perturbations avec une zone barocline sur le Royaume-Uni. Quelques incertitudes persistent pour le début du mois où un coup de froid passager pourrait avoir lieu. A l'approche du mois de mars le temps pourrait devenir plus hivernal avec des températures en baisse.

 

 

Mars : possible persistance des conditions froides pour la saison

 

Tendance saisonnière : mars 2018

 

Le flux océanique ne parviendrait pas à reprendre totalement ses droits sur le continent européen. En effet, un régime ondulatoire possiblement marqué favoriserait l'écoulement de conditions relativement froides pour la saison sur l'hexagone. Toutefois, ce scénario est loin de faire l'unanimité. Il convient donc de rester très prudent quant aux tendances pour le mois de mars. Le retour d'un flux d'ouest perturbé peut également être possible.

 

 

Avril : fraîcheur humide récurrente

 

Tendance saisonnière : avril 2018

 

Pour le mois d'avril le printemps ne devrait toujours pas parvenir à concerner la France. En effet, le temps devrait être perturbé au gré d'un flux d'ouest à nord-ouest nous apportant de la fraîcheur. L'air doux aurait davantage tendance à remonter en direction de l'Europe centrale et de l'Est.

 

 

En résumé...

 

Mois Description mensuelle (résumé) Fiabilité
Février

 

Grande douceur

Les tendances sont pour le moment assez favorables à un temps doux et sec. Possible retour du froid en fin de mois.

 

+1 / +2

smiley

60%

Mars

 

Froid

Le froid pourrait s'intensifier pour la fin de l'hiver et le début du printemps mais cela demande confirmation.

 

-0.5 / -1

indecision

50%

Avril

 

Frais

Le printemps ne parviendrait difficilement à s'installer avec une fraîcheur perturbée.

 

-0.5 / 0

sad

40%

 
Tendance ultérieure

 

Les premières tendances pour le trimestre mai-juin-juillet restent incertaines. Les températures devraient a priori être inférieures aux normes de saison.

Les précipitations devraient être excédentaires.

sad

30%

 

 

 


 

Explications et méthodes de réalisation de nos tendances saisonnières

 

La tendance saisonnière est une discipline particulièrement complexe de la météorologie. Cette science est plutôt récente, mais en pleine expansion en raison des attentes de certaines catégories professionnelles comme le tourisme, l'agriculture, l'énergie ou encore la consommation.

 

En termes de fiabilité, les résultats restent toujours limités, et sont donc à prendre avec un certain recul. A ce jour, la fiabilité des tendances saisonnières est estimée aux alentours de 60%.

 

Dans ses tendances, Météo-Contact a pour objectif de fournir une vue générale des conditions météo qui pourraient se produire au cours des six prochains mois en France. Compte tenu du manque de fiabilité de cette science, Météo-Contact propose simplement une tendance écrite, complétée d'un graphique des écarts de températures possibles basés sur les normales de la période de référence 1981-2010.

 

La tendance saisonnière proposée par Météo-Contact est réalisée à l'aide de modèles saisonniers tels que CFS (Climate Forecast System), IRI (International Research Institute), CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) et NCEP (National Centers for Environmental Prediction). Toutes ces données sont étudiées régulièrement par nos services et aboutissent chaque mois à un ou plusieurs scénario(s) pour les six prochains mois.

 

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