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Tendances saisonnières


 

► Dernière mise à jour : 5 novembre 2017

 

Écarts thermiques par rapport aux moyennes saisonnières en 2017

 

 

Synthèse climatique depuis le début de l'année 2017 en France métropolitaine

 

Le début d'année 2017 s'est avéré plutôt froid avec un mois de janvier inférieur de 2°C aux normales saisonnières, février a compensé ce déficit avec des températures nettement plus douces que la normale (+2.5°C).

Le printemps a également été excédentaire au niveau des températures avec respectivement + 2.3°C, + 0.5°C, + 1.5°C pour le trimestre mars, avril et mai. Les précipitations sont restées très largement déficitaires sur la quasi-totalité du territoire.

L'été météorologique a débuté avec un mois de juin très chaud, classé en seconde position des plus chauds depuis 1900. L'ensoleillement a été bon et les précipitations légèrement déficitaires bien que inégales. Juillet a été un peu plus chaud que la normale, humide dans le Nord-Est, bien sec entre la façade atlantique et les côtes de la Manche et exceptionnellement sec dans le Sud-Est. Le mois d'août a été quant à lui relativement frais sauf dans le Sud-Est qui a été concerné par une chaleur intense et durable.

Le début de l'automne météorologique s'est affirmé dans une certaine fraîcheur avec un mois de septembre plus frais qu'en temps normal (déficit de 0.9°C sur le territoire) avant un mois d'octobre exceptionnellement sec, bien ensoleillé et plus chaud que la normale. Il se révèle même historique dans le Sud-Est avec de nombreux records concernant les faibles précipitations et un fort ensoleillement.

 


 

Les indices pour le début et milieu d'hiver

 

Comme nous vous l'avions annoncé, les indices font leur apparition dans nos prévisions saisonnières, nous allons principalement évoquer les indices susceptibles d'avoir une influence sur la fin de notre automne et le début de l'hiver. A l'heure actuelle, ces indices sont favorables à la mise en place d'un temps plus froid pour le début de l'hiver mais la dynamique atmosphérique ne semble pas vouloir se mettre en place sur les projections à très long terme.

 

Premièrement, il s'agit de l'ENSO ; la Nina s'est mise en place assez rapidement depuis la fin de l'été, elle devrait poursuivre son développement avec une intensité faible à modérée (les chances d'une Nina modérée ont particulièrement augmenté ces derniers temps) pour atteindre un pic vers décembre-janvier. Par la suite, soit elle se dirigera lentement vers le neutral durant les mois de février et possiblement mars (scénario CFS), soit elle ira brutalement vers le neutral durant le mois de janvier.

Pour le moment, il est presque acquis que la Nina sera présente jusqu'au mois de janvier. En règle général, la Nina favorise un schéma type NAO- durant la fin de l'automne et pendant le mois de décembre. De ce fait, cela accroît considérablement les chances de voir des décrochages polaires dans l'hémisphère nord (notamment dans l'ouest de l'Amérique du Nord et en Europe). Cependant, durant les mois de janvier et février elle a plutôt tendance à favoriser un schéma type NAO+ c'est-à-dire une certaine douceur... Il sera donc primordial de connaître l'intensité et la durée de cet épisode la Nina.

 

Prévision d'une Nina faible à modéré d'après le modèle américain CFS

 

 

Deuxième paramètre, la TNA, ou plus familièrement l'ENSO de l'Atlantique, concerne une bande océanique proche de l'Afrique. Celle-ci influence l'activité cyclonique dans l'Atlantique et pourrait également avoir un effet sur notre hiver. En effet, lorsque la TNA est positive, ce qui est le cas, elle accroît sensiblement le nombre de phénomènes tropicaux dans l'Atlantique et favorise l'installation d'une NAO- en hiver. Donc, ce paramètre est également favorable à l'installation d'un temps plus frais pour la fin de l'automne et durant l'hiver.

 

Autre indice, la QBO. Nous sommes progressivement rentrés dans une phase de QBO Est. Ses effets sont les suivants : lorsque que la QBO est en phase Est, cela contribue à ralentir considérablement les flux zonaux dans la stratosphère. Ce ralentissement des vents zonaux se propage ensuite lentement vers la troposphère et contribue au ralentissement du courant jet. Or, lorsque le courant jet est rapide, le vortex polaire est très bien constitué et le froid reste cantonné aux pôles. Au contraire lorsque le jet stream est lent, il se destructure totalement et le vortex polaire se désorganise à son tour tout en déversant du froid sur des latitudes plus basses. Néanmoins, ce seul facteur ne suffit pas puisqu'il faut également prendre en compte l'activité solaire, les deux paramètres sont généralement associés. Par exemple une QBO Est associée à une activité solaire forte ne favorise pas la NAO- contrairement à une QBO Est associée à une activité solaire faible.

 

Justement, l'activité solaire est actuellement faible et devrait le rester. Donc, cela est a priori de bon augure puisqu'une QBO Est associée à une activité solaire faible favorise nettement un schéma type NAO- et donc des coulées froides dans l'hémisphère nord. Cependant, un petit bémol concerne l'activité solaire. En effet, la Terre reçoit le maximum de particules énergétiques plus ou moins 4 ans après le maximum solaire. La raison vient de l'alignement entre la Terre et l'équateur solaire, lorsque l'activité solaire est à son maximum, les perturbations solaires se produisent loin de l'équateur et ne vont donc pas vraiment dans notre direction. En revanche, lorsque l'activité solaire est sur la phase descendante juste après le maximum, les perturbations solaires tendent à se produire de plus en plus près de cet équateur.

Puisque la Terre est alignée avec l'équateur solaire, c'est durant cette période que nous recevons le plus de particules énergétiques. Lors de l'hiver 2016-2017 nous étions en plein dans le maximum du flux de particules résultant d'une activité solaire plus forte dans le début des années 2010. Or un flux de particules élevé a davantage tendance à favoriser une NAO+ et donc un temps plus doux sur la France. Pour l'hiver 2017-2018, nous ne serons plus dans ce maximum du flux de particules puisque ce dernier baisse progressivement au fil du temps. La bonne nouvelle est donc que cela ne favorise pas de NAO+. Mais, le flux de particules reste tout de même considérable et il ne favorisera pas non plus une NAO-...

 

 

Activité solaire (courbe bleu) et flux de particules (courbe rouge)

Activité solaire (courbe bleu) et flux de particules (courbe rouge)

 

 

En conclusion, la majorité des indices auraient tendance à favoriser une NAO- pour la fin de l'automne et le début de l'hiver avec un potentiel froid non négligeable. Cependant, d'autres indices arriveront plus tard dans l'automne et nous aideront à voir un petit peu plus clair dans cet hiver 2017-2018. Il est également à noter que malgré une quasi-unanimité des indices, la plupart des grands modèles météorologiques à très long terme vont dans le sens d'un hiver globalement dominé par des conditions sous régime NAO+ ce qui va à l'encontre du signal froid dominant pour cet hiver 2017/2018.

De plus, avec les nombreux changements rapides actuels (circulation atmosphérique perturbée, vortex polaire chahuté) les schémas et indices des années antérieures, auxquels on avait accordé de l'intérêt, semblent beaucoup moins opérants dans certaines parties de l'hémisphère nord comme dans l'Atlantique nord notamment d'où certaines difficultés rencontrées dernièrement dans la tendances saisonnière.

 

 

Tendances à l'échelle de la France pour le trimestre à venir

 

Novembre : de saison

 

Tendance saisonnière : novembre 2017

 

Le mois de novembre 2017 devrait être moins doux que prévu avec des températures dans les normes de saison. A partir du 10 novembre les conditions évolueront et un temps davantage hivernal devrait prendre place avec de la neige en montagne et une vive fraîcheur en plaine dans l'Est. De manière générale l'anticyclone restera positionné sur le proche Atlantique tandis que les dépressions plongeront parfois en Europe Centrale. Dans cette configuration, le flux sera souvent orienté au nord / nord-ouest nous apportant de ce fait un temps de saison voire frais et davantage perturbé.

 

 

Décembre : doux et humide au nord

 

Tendance saisonnière : décembre 2017

 

Le début de l'hiver météorologique pourrait être une nouvelle fois placé sous le signe de la douceur. L'anticyclone ne bougerait pas ou peu et resterait positionné sur l'Europe de l'ouest voire centrale tandis que les dépressions devraient circuler entre les Îles britanniques et la Scandinavie. De ce fait la douceur serait souvent présente avec une certaine sécheresse dans le Sud. Le temps serait plus perturbé au Nord puisque les perturbations circulant sur la Grande Bretagne viendraient fréquemment balayer les régions bordant la Manche. Cependant, la tendance pour cet hiver 2017/2018 est incertaine du fait de la complexité des indices et modèles, il convient donc d'être très prudent avec cette tendance susceptible d'évoluer.

 

 

Janvier : doux et sec, épisodiquement froid

 

Tendance saisonnière : janvier 2018

 

Pour le début de l'année 2018 nous conserverons un temps doux, surtout au sud, et fréquemment anticyclonique. Cette douceur s'accompagnerait également d'un temps très sec. Il ferait moins doux sur les régions du Nord où des épisodes hivernaux pourraient temporairement succéder à un temps majoritairement doux et humide. La fin du mois pourrait marquer l'arrivée d'un temps beaucoup plus hivernal mais cette tendance reste à confirmer.

 

 

En résumé...

 

Mois Description mensuelle (résumé) Fiabilité
Novembre

 

De saison

Finalement, le dernier mois de l'automne météorologique devrait se situer dans les normes de saison. Un temps graduellement plus frais pourrait se mettre en place au cours du mois.

 

=

0/ +0.5

indecision

50%

Décembre

 

Grande douceur

Le dernier mois de l'année 2017 pourrait être très doux et sec dans la continuité de novembre. Le temps serait plus humide au Nord.

 

+1 / +2

sad

40%

Janvier

 

Doux au Sud, parfois frais au Nord

Malgré le passage de 2017 à 2018 le temps devrait rester le même avec douceur et sécheresse au Sud. Le froid pourrait être en embuscade sur la Scandinavie et venir concerner le Nord de manière épisodique.

 

+1

sad

30%

 
Tendance ultérieure

 

Les premières tendances pour le trimestre février-mars-avril restent incertaines. Aucun scénario n'est actuellement privilégié.

Aucun scénario n'est privilégié en termes de précipitations et d'ensoleillement.

 

sad

30%

 

 


 

Explications et méthodes de réalisation de nos tendances saisonnières

 

La tendance saisonnière est une discipline particulièrement complexe de la météorologie. Cette science est plutôt récente, mais en pleine expansion en raison des attentes de certaines catégories professionnelles comme le tourisme, l'agriculture, l'énergie ou encore la consommation.

 

En termes de fiabilité, les résultats restent toujours limités, et sont donc à prendre avec un certain recul. A ce jour, la fiabilité des tendances saisonnières est estimée aux alentours de 60%.

 

Dans ses tendances, Météo-Contact a pour objectif de fournir une vue générale des conditions météo qui pourraient se produire au cours des six prochains mois en France. Compte tenu du manque de fiabilité de cette science, Météo-Contact propose simplement une tendance écrite, complétée d'un graphique des écarts de températures possibles basés sur les normales de la période de référence 1981-2010.

 

La tendance saisonnière proposée par Météo-Contact est réalisée à l'aide de modèles saisonniers tels que CFS (Climate Forecast System), IRI (International Research Institute), CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) et NCEP (National Centers for Environmental Prediction). Toutes ces données sont étudiées régulièrement par nos services et aboutissent chaque mois à un ou plusieurs scénario(s) pour les six prochains mois.

 

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