Tendances saisonnières


 

► Dernière mise à jour : 20 septembre 2017

 

Écarts thermiques par rapport aux moyennes saisonnières en 2017

 

 

Synthèse climatique depuis le début de l'année 2017 en France métropolitaine

 

Le début d'année 2017 s'est avéré plutôt froid avec un mois de janvier inférieur de 2°C aux normales saisonnières. Février a compensé ce déficit avec des températures nettement plus douces que la normale (+2.5°C).

Le printemps a également été excédentaire au niveau des températures avec respectivement + 2.3°C, + 0.5°C, + 1.5°C pour le trimestre mars, avril et mai. Les précipitations sont restées très largement déficitaires sur la quasi-totalité du territoire.

L'été météorologique a débuté avec un mois de juin très chaud, classé en seconde position des plus chauds depuis 1900. L'ensoleillement a été bon et les précipitations légèrement déficitaires bien que inégales. Juillet a été un peu plus chaud que la normale, humide dans le Nord-Est, bien sec entre la façade atlantique et les côtes de la Manche et exceptionnellement sec dans le Sud-Est. Le mois d'août a été quant à lui relativement frais sauf dans le Sud-Est qui a été concerné par une chaleur intense et durable.

Les deux premières décades du mois de septembre ont été fraîches et plutôt humides sur quasiment toute la France.

 


 

Les indices pour le début de l'hiver

 

Comme nous vous l'avions annoncé, les indices font leur apparition dans nos prévisions saisonnières, nous allons principalement évoquer les indices susceptibles d'avoir une influence sur la fin de notre automne et le début de l'hiver. A l'heure actuelle, ces indices sont favorables à la mise en place d'un temps plus froid pour le début de l'hiver.

Premièrement, il s'agit de l'ENSO ; la Nina s'est mise en place assez rapidement depuis la fin de l'été et devrait poursuivre son développement avec une intensité faible à modérée (les chances d'une Nina modérée ont particulièrement augmenté ces derniers temps) pour atteindre un pic vers décembre-janvier. Par la suite, soit elle se dirigera lentement vers le neutral durant les mois de février et possiblement mars (scénario CFS), soit elle ira brutalement vers le neutral durant le mois de janvier. Pour le moment, il est presque acquis que la Nina sera présente jusqu'au mois de janvier. En règle général, la Nina favorise un schéma type NAO- durant la fin de l'automne et pendant le mois de décembre. De ce fait, cela accroît considérablement les chances de voir des décrochages polaires dans l'hémisphère nord (notamment sur l'ouest de l'Amérique du Nord et en Europe). Cependant, durant les mois de janvier et février, elle a plutôt tendance à favoriser un schéma type NAO+ c'est-à-dire une certaine douceur... Il sera donc primordial de connaître l'intensité et la durée de cet épisode la Nina.

 

Prévision d'une Nina faible à modérée d'après le modèle américain CFS

 

Deuxième paramètre, la TNA, ou plus familièrement l'ENSO de l'Atlantique, concerne une bande océanique proche de l'Afrique. Celle-ci influence l'activité cyclonique dans l'Atlantique et pourrait également avoir un effet sur notre hiver. En effet, lorsque la TNA est positive, ce qui est le cas, elle accroît sensiblement le nombre de phénomènes tropicaux dans l'Atlantique et favorise l'installation d'une NAO- en hiver. Donc, ce paramètre est également favorable à l'installation d'un temps plus frais pour la fin de l'automne et durant l'hiver.

 

On retrouve un autre indice : la QBO. Nous sommes progressivement rentrés dans une phase de QBO Est. Ses effets sont les suivants : lorsque que la QBO est en phase Est, cela contribue à ralentir considérablement les flux zonaux dans la stratosphère. Ce ralentissement des vents zonaux se propage ensuite lentement vers la troposphère et contribue au ralentissement du courant-jet. Or, lorsque le courant-jet est rapide, le vortex polaire est très bien constitué et le froid reste cantonné aux pôles. Au contraire, lorsque le jet stream est lent, il se déstructure totalement et le vortex polaire se désorganise à son tour tout en déversant du froid sur des latitudes plus basses.  Néanmoins, ce seul facteur ne suffit pas puisqu'il faut également prendre en compte l'activité solaire, car les deux paramètres sont généralement associés. Par exemple, une QBO Est associée à une activité solaire forte ne favorise pas la NAO- contrairement à une QBO Est associée à une activité solaire faible.

 

Justement, l'activité solaire est actuellement faible et devrait le rester. Donc, cela est a priori de bonne augure puisqu'une QBO Est associée à une activité solaire faible favorise nettement un schéma type NAO- et donc des coulées froides dans l'hémisphère nord. Cependant, un petit bémol concerne l'activité solaire. En effet, le flux de particules émanant du soleil met plus ou moins 3 à 4 ans avant de toucher la Terre. Donc il faut regarder l'activité solaire d'il y a quelques années pour déterminer l'intensité du flux de particules que la Terra va recevoir. Lors de l'hiver 2016-2017 nous étions en plein dans le maximum du flux de particules résultant d'une activité solaire plus forte dans le début des années 2010. Or un flux de particules élevé a davantage tendance à favoriser une NAO+ et donc un temps plus doux sur la France. Pour l'hiver 2017-2018, nous ne serons plus dans ce maximum du flux de particules puisque ce dernier baisse progressivement au fil du temps. La bonne nouvelle est donc que cela ne favorise pas de NAO+. Mais, le flux de particules reste tout de même considérable et il ne favorisera pas non plus une NAO-...

 

 

Activité solaire (courbe bleu) et flux de particules (courbe rouge)

Activité solaire (courbe bleu) et flux de particules (courbe rouge)

 

 

En conclusion, la majorité des indices auraient tendance à favoriser une NAO- pour la fin de l'automne et le début de l'hiver avec un potentiel froid non négligeable. Cependant, d'autres indices arriveront plus tard dans l'automne et nous aideront à voir un petit peu plus clair dans cet hiver 2017-2018. Il est également à noter que, malgré une quasi-unanimité des indices, certains vont à contre-courant et l'hypothèse "froide" n'est donc pas encore acquise.

 

 

 

 

Tendance hypothétique à l'échelle de la France pour le trimestre à venir

 

Octobre : plutôt frais

 

Placement des centres d'action pour octobre 2017

 

Le deuxième mois de l'automne devrait être dans la continuité de septembre avec un temps globalement frais et parfois bien humide. Les conditions synoptiques devraient être les suivantes : des poussées anticycloniques fréquentes devraient avoir lieu sur le proche Atlantique prenant parfois la forme de dorsales ; dans le même temps, les dépressions circuleraient à des latitudes bien hautes et descendraient assez souvent en direction de l'Europe de l'Ouest. De ce fait, c'est un flux de nord à nord-ouest qui devrait concerner notre pays avec donc de l'air plus frais. Cependant, la proximité avec l'anticyclone pourrait limiter les précipitations ainsi que le déficit de température. Néanmoins, nous devrions avoir des températures plutôt inférieures aux normales ce qui n'empêchera pas d'avoir quelques belles journées.

 

 

Novembre : doux et plutôt sec

 

Placement des centres d'action pour novembre 2017

 

Le dernier mois de l'automne pourrait être placé sous le signe de la douceur. En effet, l'anticyclone viendrait régulièrement prendre position sur l'Europe de l'Ouest avec des dépressions circulant au nord du Royaume-Uni ainsi que jusqu'à la Scandinavie. C'est donc un flux de sud-ouest plutôt anticyclonique qui pourrait dominer le mois de novembre. Les températures seraient donc assez souvent excédentaires et les précipitations légèrement inférieures aux normes. L'air froid aurait plus tendance à couler vers les Balkans. On notera une petite incertitude en fin de mois puisque de l'air plus froid pourrait concerner l'hexagone.

 

 

Décembre : frais à froid ?

 

Placement des centres d'action pour décembre 2017

 

Le début de l'hiver pourrait bien être placé sous le signe du froid... Comme nous l'évoquions au début, les indices dont nous disposons actuellement sont favorables à l'installation de conditions hivernales en France. En effet, la corrélation de tous ces indices nous amènent à croire qu'un schéma type NAO- pourrait se mettre en place. Cela veut dire que le vortex polaire sera particulièrement instable en raison d'un jet stream affaibli. De ce fait, les coulées froides pourraient être fréquentes et arriver tôt dans le mois. L'anticyclone nous protègerait du flux zonal, des vents d'ouest mais, les dépressions qui pourraient régulièrement circuler en Europe du Nord et Centrale nous apporteraient un temps parfois humide dans un air souvent frais à froid. Cependant, il faut apporter un petit bémol pour ce mois de décembre : les pulsions anticycloniques pourraient davantage avoir lieu sur nos régions et donc favoriser un temps sec et doux à l'image de décembre 2015.

 

 

En résumé...

 

Mois Description mensuelle (résumé) Fiabilité
Octobre

 

Fraîcheur dominante

Comme le mois de septembre, le mois d'octobre devrait a priori se dérouler dans une ambiance plutôt fraîche parfois humide malgré un anticyclone parfois dominant.

 

-1 / 0

smiley

70%

Novembre

 

Doux et plutôt sec

Comme lors de la dernière réactualisation, nous envisageons un mois de novembre doux. Un nouvel élément fait néanmoins son apparition puisque le temps pourrait être finalement plus sec qu'initialement prévu.

 

+0.5 / +1.5

indecision

50%

Décembre

 

Froid

Le premier mois de l'hiver débuterait sur les chapeaux de roues puisque l'air froid pourrait régulièrement envahir notre pays dans une ambiance parfois humide. Cependant,  ce risque reste à déterminer en raison la proximité de l'anticyclone.

 

-1 / 0

sad

40%

 
Tendance ultérieure

 

Les premières tendances pour le trimestre janvier-février-mars restent incertaines. Néanmoins, il semblerait qu'un temps plus doux s'installe en janvier avant un possible refroidissement entre février et mars.

Aucun scénario n'est privilégié en termes de précipitations et d'ensoleillement.

 

sad

30%

 

 


 

Explications et méthodes de réalisation de nos tendances saisonnières

 

La tendance saisonnière est une discipline particulièrement complexe de la météorologie. Cette science est plutôt récente, mais en pleine expansion en raison des attentes de certaines catégories professionnelles comme le tourisme, l'agriculture, l'énergie ou encore la consommation.

 

En termes de fiabilité, les résultats restent toujours limités, et sont donc à prendre avec un certain recul. A ce jour, la fiabilité des tendances saisonnières est estimée aux alentours de 60 %.

 

Dans ses tendances, Météo-Contact a pour objectif de fournir une vue générale des conditions météo qui pourraient se produire au cours des six prochains mois en France. Compte tenu du manque de fiabilité de cette science, Météo-Contact propose simplement une tendance écrite, complétée d'un graphique des écarts de températures possibles basés sur les normales de la période de référence 1981-2010.

 

La tendance saisonnière proposée par Météo-Contact est réalisée à l'aide de modèles saisonniers tels que CFS (Climate Forecast System), IRI (International Research Institute), CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) et NCEP (National Centers for Environmental Prediction). Toutes ces données sont étudiées régulièrement par nos services et aboutissent chaque mois à un ou plusieurs scénario(s) pour les six prochains mois.

 

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