Cours météo - El Niño & La Niña


 

El Niño et La Niña sont des phénomènes climatiques qui ont pour origine une anomalie de température importante des eaux de surface de l'océan Pacifique sud. Lorsque celle-ci devient particulièrement marquée et positive on assiste à un épisode El Niño mais dans le cas contraire (déficit thermique important) il s'agit du phénomène La Niña. Les deux phénomènes ont été nommés à la fin des années 1800 par des marins péruviens qui avaient alors constaté l'apparition d'un courant chaud à la période de Noël d'où El Niño (le petit garçon en espagnol) et La Niña (la petite fille).

Les conséquences climatiques de El Niño et de La Niña peuvent être importantes en fonction de l'intensité du phénomène, ceci dit les régions touchées ne subissent pas les mêmes effets à chaque épisode d'un des deux phénomènes. De plus la fréquence de La Niña est différente de celle d'El Niño (au 20 e siècle il n'y a eu que 17 épisodes La Niña modérés à forts, contre 25 épisodes El Niño modérés à forts) et les deux événements ne sont pas nécessairement induits l'un par l'autre. Ces deux phénomènes sont regroupés en un même indice (ENSO pour El Nino Southerm Oscillation).

 

 

1 | El Niño et La Niña : explications

 

En temps normal, la boucle convective de Walker (cellule cyclonique) se situe au milieu de l'océan Pacifique et pousse les eaux chaudes superficielles par des vents de secteur sud-est (alizées) en direction de l'Australie. Par effet d'upwelling, les eaux plus froides remontent des profondeurs sur les côtes Péruviennes. Par ailleurs, un phénomène de convection est présent dans la partie ouest de l'océan Pacifique près de l'Australie et de l'Asie tandis qu'une zone de subsidence est présente près des côtes de l'Amérique du Sud. Ainsi dans ces conditions, la surface de l'eau est légèrement plus élevée à l'ouest de l'océan Pacifique. Toutefois ce cycle peut être mis à mal à cause d'un perturbateur des équilibres thermiques et thermodynamiques de l'atmosphère et de l'océan ; il s'agit de El Niño.

 

Circulation convective normale dans l'océan Pacifique

Circulation convective normale dans l'océan Pacifique

 

 

Lorsque l’anticyclone positionné au milieu de l’océan Pacifique perd de sa vigueur, le vent de sud-est associé s’affaiblit peu à peu. Ce dernier n’exerce donc plus de tension à la surface de l’océan et l’excès d’eau sur l’Ouest du bassin s’étale. L’eau chaude de l’ouest du Pacifique envahit alors l’Est du bassin. La cellule de Walker en est alors perturbée. Son activité convective se retrouve diminuée et elle se décale de près de 3000 km vers l’Est emportant avec elle les fortes précipitations qui lui sont associées. Toutefois de nombreuses questions restent encore en suspend, le phénomène El Niño fait l'objet de recherches scientifiques toujours en cours.

 

Perturbation du cycle de Walker (affaiblissement des alizés) : El Niño

Perturbation du cycle de Walker (affaiblissement des alizés) : El Niño

 

L’opposé d’El Niño est appelé par comparaison La Niña. Ce phénomène souvent moins intense que son opposé se traduit par des températures océaniques anormalement froides sur l’Est du Pacifique autour de l’Equateur (les eaux plus chaudes de surface se retrouvent déplacées en direction du continent asiatique ; il en résulte des anomalies froides de températures sur la partie Est du Pacifique). Contrairement à El Niño, la convection profonde est renforcée sur l’Ouest du bassin tandis que les alizés gagnent également en intensité. Lors des épisodes La Niña, la surface de la mer est encore plus élevée à l'Ouest de l'Océan Pacifique par rapport à l'Est. Le niveau moyen de la mer est en contrepartie inférieur à la normale. Ce phénomène s'explique par les précipitations sur l'Océan Pacifique moins importantes que sur les continents ; ainsi la diminution de la masse de l'océan entraîne une diminution temporaire du niveau moyen de la mer.

 

Perturbation du cycle de Walker (renforcement des alizés) : La Niña

Perturbation du cycle de Walker (renforcement des alizés) : La Niña

 

 

Toutefois cette succession rapide de conditions climatiques très différentes, voire extrêmes lors de la bascule de El Niño à La Niña peut engendrer d'importants changements atmosphériques avec à la clé des conséquences parfois marquées dans les régions les plus exposées.

 

 

2 | El Niño et La Niña : conséquences

 

El Niño et La Niña sont deux phénomènes divers que ce soit pour leur intensité, leur champ d’action, leur longévité ou pour leur date d'apparition. Les impacts géographiques de ces deux phénomènes ne sont donc pas les mêmes d’un épisode à l’autre. Toutefois, de nombreuses études ont été réalisées à ce sujet et ont permis d’établir un périmètre moyennant les principaux dérèglements observés à travers le monde.

 

 

A - El Niño

 

Lors de la croissance du phénomène El Niño, on observe une importante sécheresse dans l’Ouest du Pacifique (Indonésie, Philippines, Australie et Nouvelle-Calédonie) là où les précipitations y sont habituellement observées fréquemment. Les systèmes convectifs (orages) se décalent vers l’Est et le Pacifique-Centre perçoit une hausse des précipitations. Plus le phénomène se renforce et plus l’action d’El Nino s’étend au reste du globe et devient important. Parmi les conséquences induites par celui-ci, nous retrouvons des feux de forêts dans les Philippines à cause de la sécheresse persistante, des inondations récurrentes près des côtes péruviennes ou encore une formation accrue de cyclones sur les eaux anormalement chaudes du Pacifique-Centre.

 

El Niño a également des conséquences sur la pêche qui est durement affectée lors de l’arrêt du courant froid (source de sels minéraux) indispensables à la croissance du phytoplancton. Les oiseaux marins sont eux aussi affectés par ce dérèglement de l’écosystème marin. Des dommages sur le récif corallien tropical peuvent également être observés à cause des courants trop chauds sur l'Ouest de l'océan.

 

Quelques exemples des conséquences d'El Niño à l'échelle mondiale :

  • Sécheresse sur le nord-est du Brésil, dans le sud-est du continent Africain, sur Madagascar et l’Inde.
  • Accélération de la désertification du Sahel
  • Retard des moussons sur le sous continent Indien
  • Réduction des cyclones tropicaux
  • Hiver doux sur le nord des États-Unis et le Canada

 

 

B - La Niña

 

Les effets de La Niña ne sont pas toujours le contraire de ceux d'El Niño. Les anomalies thermiques des eaux de surface ont des répercussions sur les phénomènes climatiques dans le bassin Pacifique comme par exemple la recrudescence de typhons dans l'océan Pacifique-Ouest. Ces modifications touchent aussi d'autres océans et d'autres régions du globe comme l'océan Atlantique où les ouragans sont plus nombreux que d'habitude. Des conditions climatiques plus sèches que la normale surviennent dans l'est de l'Amérique du Sud et dans l'est de l'Afrique. Il faut dire que les répercussions de La Niña sur la planète se font moins ressentir que les effets engendrés par El Niño.


 

3 | El Niño et La Niña : prévision et ENSO

 

Il existe de nombreux moyens de prévoir l'évolution des conditions propres à l'océan Pacifique. De nos jours, l'utilisation de modèles dynamiques complexes permettent d'établir des projections à partir de la situation observée directement et des données enregistrées en se basant sur d'éventuelles similitudes. Ainsi, des modèles de prévision « statistique » mettent en évidence les grandes lignes des événements futurs. L'étude d'un possible épisode El Niño ou La Niña implique de prendre en compte les effets des interactions de l'océan et de l'atmosphère sur le système climatique global. Ces données météorologiques et océanographiques sont recueillies par les systèmes d'observations nationaux et internationaux qui permettent de surveiller et d'anticiper les épisodes El Niño et La Niña. Le traitement de ces données s'effectue dans le cadre de programmes exécutés par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

Afin de quantifier et d'estimer l'intensité des phénomènes El Niño et La Niña un indicateur prenant en compte 6 paramètres a été mis en place, il s'agit de l'indice ENSO. Ces six variables sont : la température de surface de la mer (S) ; la pression atmosphérique au niveau de la mer (P) ; les composantes (zonale (U) et méridienne (V)) du vent de surface ; la température de l'air en surface (A) et la couverture nuageuse (C).

 

ENSO index

 

 

Plus l'indice ENSO est important, plus l'épisode El Niño est puissant comme c'était le cas par exemple en 2015-2016 (en rouge). A l'inverse, plus l'indice est négatif, et plus le phénomène La Niña est important comme en 2011 (en bleu).

 

 


 

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Voici une vidéo qui va vous éclairer avec des mots simples... En cas de questions, n'hésitez pas à nous contacter via notre interface de contact.

 

 

 

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