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La barre des +1.5°C de réchauffement planétaire franchie en 2023 ?


Un nouveau bilan climatique publié par l’institut Berkeley Earth montre qu’il est désormais plus probable qu’improbable que 2023 franchisse le seuil le plus ambitieux de l’Accord de Paris de +1,5°C de réchauffement planétaire par rapport à l’ère préindustrielle. Points clés et analyse.

 

Orage en septembre septembre

 

Une année particulièrement chaude

 

Depuis le mois de mars, les records s’enchaînent sur la planète. D’abord au niveau des océans : depuis le 14 mars, les records journaliers sont quotidiennement battus, atteignant des sommets depuis plusieurs mois, en particulier dans l’Atlantique, mais aussi le Pacifique où le renforcement du phénomène El Niño contribue à accentuer davantage cette hausse, mais aussi au niveau des terres où les températures ont été exceptionnellement élevées au cours de l’été, battant d’une marge considérable les précédents records.

 

 

Orage en septembre septembre

Anomalie de température par rapport à la période préindustrielle au cours de l’été 2023 – Crédit Berkeley Earth

 

Un été hors-norme

 

L’été a été marqué par la succession d’événements hors-normes : canicule sur l’Europe du Sud en Juillet, températures historiques en Août sur le sud de la France, inondations en Grèce et medicane en Lybie n’en sont que quelques exemples… En particulier, les températures globales ont atteint des niveaux sans précédent, dépassant le seuil de +1.5°C de réchauffement planétaire par rapport à l’ère préindustrielle (moyennes 1850-1900) en Juillet et Août, faisant monter l’anomalie moyennée de Juin-Juillet-Août proche de +1.6°C d’anomalie, dépassant d’une vaste marge le précédent record établi vers +1.25°C en 2022. La banquise Antarctique a présenté ses plus bas niveaux jamais mesurés pour la saison et l’océan Atlantique Nord a été historiquement chaud.

 

Orage en septembre septembre

Anomalies de températures par rapport à l’ère préindustrielle en Août – Berkeley Earth

 

Dans son bilan climatique, l’institut précise que 13% de la surface de la planète a connu sa moyenne locale d’Août la plus chaude jamais mesurée, et que 87% de la surface de la Terre était significativement plus chaude que sa moyenne locale au cours de la période 1951-1980. En Juin (Juillet), 8.3% (10.8%) de la surface terrestre connaissait sa moyenne locale la plus chaude jamais mesurée, et 81% (84%) de la surface terrestre était significativement plus chaude que cette dernière. La température moyenne des terres était respectivement supérieure de 1.81, 1.97 et 2.27°C à la moyenne préindustrielle en Juin, Juillet et Août, tandis que la température de l’océan était respectivement supérieure de 1.12, 1.22 et 1.26°C.

 

 

Orage en septembre septembre

Anomalies mensuelles de température mondiales par rapport à la période 1850-1900 – Berkeley Earth

 

Une combinaison de facteurs accentuant le réchauffement

 

Si le réchauffement climatique d’origine humaine est la première cause de la chaleur observée à travers la planète, la variabilité de court terme peut contribuer à amplifier ou réduire l’influence de ce dernier sur des échelles de temps allant de quelques jours à quelques mois.

 

Si Berkeley Earth précise que « le réchauffement climatique d'origine humaine a fait augmenter la température de la Terre d'environ 0,19 °C/décennie ; il s’agit d’une conséquence directe de l’accumulation de gaz à effet de serre supplémentaire dans l’atmosphère, notamment le dioxyde de carbone ; c’est le principal facteur responsable du réchauffement à long terme. », elle précise qu’une combinaison de facteurs défavorables ont contribué à accentuer la chaleur observée, comme la mise en place d’un épisode El Niño, l’éjection d’une grande quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère par l’éruption du volcan Hunga Tonga en janvier 2022, l’approche du maximum du cycle solaire 25 ou encore la réduction des émissions de soufre par les bateaux marins suite à une régulation de l’Organisation Maritime Mondiale en 2020.

 

Néanmoins, l’influence de ces facteurs demeure marginale face à l’effet du réchauffement d’origine humaine. L’institut complète : « Bien que les principaux facteurs responsables des récents changements de température soient le réchauffement climatique et El Niño, ces facteurs supplémentaires peuvent également agir de concert pour ajouter un peu plus de chaleur à la température moyenne mondiale et créer les conditions de chaleur record actuelles.

 

Orage en septembre septembre

Facteurs contribuant aux changements de températures mondiales depuis 10 ans – Berkeley Earth

 

2023 pourrait être la première année où le seuil le plus ambitieux de l’Accord de Paris est atteint en moyenne annuelle

 

2023 est en passe d’être l’année la plus chaude jamais observée depuis le début des mesures instrumentales. Il est pratiquement certain (>99% de chance) que l’année devienne la plus chaude jamais enregistrée, dépassant 2016. Il est également pratiquement acquis (>99% de chance) que la température moyenne à la surface des océans établira un nouveau record annuel, tandis que cela est plus incertain pour les températures terrestres, où la probabilité est estimée à 60%, une augmentation significative par rapport au bilan du mois dernier.

 

La chaleur récente a augmenté significativement les chances de franchir le seuil le plus ambitieux de l’Accord de Paris fixé à +1.5°C par rapport à la moyenne préindustrielle pour la première fois sur une année complète, ce seuil ayant déjà été excédé au cours de quelques mois, mais jamais sur une année complète moyennée. Il est ainsi désormais légèrement plus probable qu’improbable que l’année se termine en atteignant ou dépassant ce seuil (55% de probabilités), une augmentation significative par rapport au mois dernier où cela était considéré peu probable (20% de probabilités).

 

L’institut note en outre qu’en « raison du décalage entre le développement d'un El Niño et son impact maximal sur les températures mondiales, un El Niño en 2023 pourrait avoir un effet de réchauffement encore plus important sur la température moyenne mondiale en 2024 qu'en 2023. Il est courant que la deuxième année d'un El Niño soit plus chaud que la première année. Que cela soit finalement vrai en 2024 peut encore dépendre d’autres facteurs, par exemple si l’Atlantique Nord reste également très chaud ou s’il se stabilise à une température plus normale en 2024. »

 

Orage en septembre septembre

Anomalie moyenne de Janvier à Août 2023 (rond rouge), plage probable pour la moyenne finale (vert) et réchauffement de long terme (ligne rouge) | Anomalies annuelles depuis 1850 par rapport à la période préindustrielle 1850-1900 – Berkeley Earth

 

« Étant donné que les objectifs de l’Accord de Paris sont définis en termes de moyennes à long terme, un seul mois ou une seule année de températures supérieures à 1,5°C ne signifie pas que l’objectif a été dépassé. Toutefois, cela souligne que les limites approchent à grands pas et qu’il reste peu de temps pour agir. Il est probable que le réchauffement climatique amènera la moyenne à long terme à dépasser 1,5 °C au cours des années 2030, à moins que des réductions significatives des émissions de gaz à effet de serre ne soient rapidement obtenues. » conclut Robert Rohde, scientifique principal à Berkeley Earth et auteur du rapport.

 

 Baptiste   Article écrit par Baptiste B

 

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Dernière mise à jour le Jeudi 14 septembre 2023 à 15:04:20

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