Sans surprise, l’été météorologique 2026 s’est terminé avec une moyenne remarquable de 24°c. Avec une anomalie de +3.6°c par rapport à la normale 1991-2020, l’été 2026 s’est conclu en finissant devant 2003 et ses +2.7°c. Et fait notable, pour la première fois de son histoire, la France a connu 53 jours en vague de chaleur. Voici un bilan détaillé sur l’ensemble des stations du territoire.
La 52e vague de chaleur : des pointes à 43/44 degrés
La première vague de chaleur a duré 14 jours, soit du 17 au 30 juin 2026. Il s’agit d’une des vagues de chaleur des plus longues et des plus intenses jamais enregistrées. L’indicateur thermique national a été battu durant trois jours consécutifs et a dépassé les 30°c pour la première fois de son histoire. Au cours de cette vague de chaleur, les valeurs sont montées à des niveaux remarquables. Citons notamment 44.6°c à Bordeaux-Paulin (33) (station en classe 4) ou encore 43.9°c à La Couronne (16).
Au cours de cette période, 755 stations officielles, secondaires et amateurs sur le réseau national ont enregistré 40°c ou plus, ce qui représente près de 35% des stations du territoire. A noter qu’au cours de cette vague de chaleur, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et le Territoire-de-Belfort rejoignent la liste des départements ayant atteint ou dépassé les 40°c et que désormais, tous les départements du territoire ont dépassé ce seuil.
Si l’on regarde plus attentivement les records de chaleur mensuels ou absolus battus, on remarque que le Nord-Est, les Pays de la Loire et les Charentes ont été les régions les plus concernées par des valeurs inédites. En effet, plusieurs stations du Nord-Est ont battu entre 4 et 7 fois leurs records au cours de cet épisode. Ainsi, des villes comme Dijon, Besançon, ou bien encore Mâcon ont battu 5 fois des records de chaleur. Et cela grimpe jusqu’à 7 fois pour la station de Saint-Nicolas-les-Citeaux (21), qui a explosé son ancien record mensuel de 3.5°c, enregistrant ainsi 39.7°c (anc. record de 36.2 le 30/06/2025). Ainsi, cette vague de chaleur s’est conclue en étant la 2e plus longue jamais enregistrée sur le territoire.
La 2e vague de chaleur du 04 juillet au 19 juillet
À peine remise d’une vague de chaleur historiquement intense, un second épisode, moins fort mais tout aussi durable s’est installé. Du 04 juillet au 19 juillet, le mercure a allégrement dépassé les 40°c, avec notamment 43°c enregistrés à Moulès-et-Baucels (34). Ainsi, ce sont 236 stations qui ont de nouveau atteint ou dépassé les 40°c et même 1474 stations qui ont dépassé les 35°c, soit environ 2/3 des stations du territoire.
Cette seconde vague de chaleur a plutôt concerné les Charentes et le pourtour Méditerranéen où certaines stations ont battu entre 2 et 4 fois un record de chaleur. Montpellier en est le parfait exemple puisque la station située à l’aéroport a dépassé 3 fois son record mensuel et a franchi pour la 1e fois de son histoire la barre des 40°c sur un mois de juillet (anc. record de 37.6 le 19/07/2023). L’observation la plus saisissante s’est faite sur la station du Boulou (66) qui a surpassé 4 fois son record mensuel. Fort heureusement, l’indicateur thermique national s’est élevé à un niveau inférieur à celui observé au cours du mois de juin, avec une valeur maximale de 28.05°c datant du 12/07/2026.
La 3e vague de chaleur de l'été : la plus longue jamais enregistrée
Juillet ne s’était pas même encore terminé qu’une troisième vague de chaleur frappait de nouveau le pays. Terminée depuis le 19 août, et totalisant une durée record de 23 jours, elle a été la plus longue vague de chaleur jamais enregistrée sur le territoire, ex-aequo avec la vague de chaleur de 1983.
L’indicateur thermique national s’est envolé jusqu’à 28.79°c le 13 août dernier. Côté valeurs extrêmes, des pointes à 42/43°c ont de nouveau ont été atteintes, notamment sur les stations de Brive-Laroche (19) et Chateaumeillant (18) qui ont enregistré respectivement 42.2°c et 43.1°c (station en classe 4).
Ainsi, 354 stations ont battu ou égalé un record de chaleur au cours de cette période. Mention honorable à la station de Montmorillon (86) qui a battu 3 fois son record de chaleur. Sur cette même période, 1750 stations ont connu au moins une journée à 35°c ou plus. Cette fois-ci, la chaleur a été la plus inédite sur les Ardennes, l’Artois et tout le Nord-Ouest (hors Bretagne Ouest). Notons que l’ensemble de ces vagues de chaleur s’est déroulé dans un contexte de sécheresse inédit, facilitant ainsi la montée des températures sur l’ensemble du réseau.
Une saison estivale "hors normes"
Durant cet été météorologique, la chaleur n’aura épargné aucune région du territoire. Et cela est flagrant lorsque l’on regarde le nombre de jours à plus de 35°c. Les régions méditerranéennes et le Bassin Aquitain ont été les plus fortement touchées, avec fréquemment des stations dépassant les 40 jours de très fortes chaleurs. Ainsi, Grenoble termine la saison avec un total de 44 jours et Avignon 49 jours.
D’autres villes ont allégrement dépassé les 50 jours comme Nîmes (50 jours), Orange (51 jours) ou Ajaccio (52 jours). Mais la valeur la plus remarquable a été observée à Moulès-et-Baucels avec un total de 62 jours (station en classe 4). Au total, ce sont près de 85% des stations du territoire qui ont connu au moins une valeur supérieure ou égale à 35°c.
Les 40°c ont été atteints à un niveau inédit sur le pays. 880 stations ont dépassé ce seuil, notamment celles situées dans le Centre–Ouest et sur une bonne partie de la Nouvelle–Aquitaine. Il est également pertinent de souligner que certains secteurs de la Provence (Var, Vaucluse) ont connu de nombreux jours à plus de 40°c. Citons notamment Saintes (17) et Grospierres (07) qui ont connu 10 journées de ce type. Mais la valeur la plus notable a été enregistrée à Chateaumeillant (18) avec pas moins de 14 jours dépassant les 40°c.
Avec les années, franchir le seuil des 40°c devient un événement de moins en moins exceptionnel, dans un contexte de changement climatique grandissant.
Ete 2026 : un avant-goût de notre futur climat ?
L’été 2026 devient donc l’été le plus chaud jamais enregistré. Avec une anomalie de +3.8°c sur les mois de Juin et de Juillet, puis de +3.3°c sur le mois d’Août, la chaleur aura été continue et très intense sur toute la France. D’ici la fin du siècle, en suivant la trajectoire TRACCS d’une France à +4°c, l’été 2026 pourrait s’inscrire comme un « été normal » à horizon 2100 (Soubeyroux et al. 2025).
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Dernière mise à jour le mardi 08 septembre 2026 à 16:16:12
Article écrit par Maxime Prieur
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