Indicateur national d'humidité des sols
L’Indice d’Humidité des Sols (appelé aussi SWI, pour Soil Water Index) est un indicateur clé utilisé par les météorologues et les climatologues pour évaluer dans quelle mesure le sol peut encore fournir de l’eau aux plantes.
Carte de l'indice d'humidité des sols en France (1959-2026)
Il faut s’imaginer que le sol sous nos pieds est une immense éponge :
Plus ce chiffre est bas, plus l’éponge est sèche. La végétation ne peut alors plus puiser suffisamment d’eau et souffre du stress hydrique.
Plus ce chiffre est haut, plus l’éponge est gorgée d’eau. À 1, elle a atteint le maximum de ce qu’elle peut retenir : s’il pleut davantage, l’eau ne rentre plus et ruisselle en surface, ce qui peut provoquer des inondations.
Entre les deux : C’est le niveau de réserve d’eau disponible pour les plantes et les cultures.
A noter que le SWI s’intéresse principalement à ce qu’on appelle les sols superficiels ou la racine des sols (autrement dit les deux premiers mètres sous la surface).
C’est une zone cruciale car :
C’est à ce niveau que les plantes, les arbres et les cultures peuvent absorber l’eau.
C’est la couche directement exposée à la pluie (qui la remplit) et au soleil / vent (qui l’évapore).
Comment cet indicateur est-il calculé ?
Météo-France, qui met ces données à disposition, ne mesure pas directement l’humidité du sol : il la simule. Le modèle SAFRAN reconstitue d’abord les conditions météorologiques heure par heure sur toute la France — température, humidité, vent, rayonnement, précipitations.
Ces données alimentent ensuite un autre modèle, nommé ISBA, qui tient la comptabilité de l’eau du sol : il ajoute ce qui entre (la pluie), retranche ce qui sort (l’évaporation, l’eau absorbée par les racines, celle qui s’infiltre vers les nappes) et en déduit ce qu’il reste de disponible.
Pourquoi cet indice est-il si important ?
Il détecte les sécheresses agricoles : On peut avoir l’impression qu’il pleut un peu, mais si la terre reste sèche en profondeur, le SWI restera très bas. Il permet de mesurer la véritable “soif” des plantes.
Il permet d’anticiper les risques d’inondation : Si le SWI est très élevé et qu’un violent orage arrive, la terre ne pourra rien absorber. L’eau ruissellera immédiatement vers les rivières.
Il permet d’évaluer le risque d’incendie : Des sols très secs (SWI bas) rendent la végétation environnante beaucoup plus inflammable durant la saison estivale.
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Exemple de lecture pour l'année 2026
Ce graphique proposé par Record.py représente l’évolution de l’indice d’humidité des sols en France. Par défaut, il s’agit des données observées depuis le début de l’année en cours, comparée à la normale climatique 1991–2020 (courbe pointillée) et à la plage de valeurs habituellement observées (zone grisée).
Le constat est sans appel : après un début d’année plutôt excédentaire en eau (zone bleue, janvier-février), les sols ont plongé dans un déficit hydrique sévère à partir du printemps. La zone orange, qui représente ce déficit, n’a cessé de s’élargir pour atteindre début juillet des niveaux proches du record de sécheresse historique (courbe orange), voire même dépassant les records mi-juillet.
Concrètement, les sols français n’ont jamais été aussi secs à cette période de l’année depuis le début des enregistrements. Une situation qui s’explique par la succession de canicules depuis mai, l’absence de précipitations significatives, et une végétation qui puise dans des réserves déjà très limitées.
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