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Tendances saisonnières


 

► Dernière mise à jour : 15 janvier 2019

 

Écarts thermiques par rapport aux moyennes saisonnières en 2018

 

 

Synthèse climatique depuis le début de l'année 2018 en France métropolitaine

 

Le début de l'année 2018 s'est révélé être exceptionnel par une grande douceur et une pluviométrie élevée sur de nombreuses régions. Le faible ensoleillement est également remarquable. Janvier 2018 se classe au 1er rang des mois de janvier les plus doux depuis 1900.

Le mois de février a été froid, plus ensoleillé que la normale au nord et maussade au sud et inégal en termes de précipitations. Le fait marquant de ce mois reste les températures particulièrement basses notamment à la fin février. Concernant le mois de mars, les températures ont été déficitaires avec -0.5°C par rapport aux normes. 

Le printemps 2018 s'est avéré relativement humide avec un excédent exceptionnel en termes d'orages. Par ailleurs les températures ont été plutôt supérieures aux normes de saison malgré quelques petits épisodes de fraîcheur. Le mois de juin a été bien pluvieux dans l'Ouest et sec dans l'extrême nord, plutôt chaud et normal concernant l'ensoleillement. En ce qui concerne le mois de juillet, les températures se sont avérées très élevées (excédent : +2.5°C) avec des conditions anticycloniques persistantes.

Globalement, sur l'ensemble de l'été les températures ont été largement supérieures aux normes de saison plaçant l'été 2018 parmi les plus chauds depuis le début des relevés. En ce qui concerne les précipitations on observe une assez forte hétérogénéité de même que pour l'ensoleillement.

Septembre a été marqué par la persistance tardive de conditions estivales. Résultat, le mercure a affiché un excédent de +1.7°C alors que l'ensoleillement s'est avéré très généreux et les précipitations largement sous les normes. Beau temps et douceur ont persisté au cours des deux premières décades d'octobre avant un brusque refroidissement en fin de mois. Le mois de novembre est resté globalement plus doux que la normale avec des précipitations proches de la normale sur le pays mais très hétérogènes. L'année 2018 s'est terminée en douceur pour le neuvième mois consécutif avec un excédent thermique dépassant la barre des 2°C.

 


 

Aide à la prévision saisonnière hivernale 

 

La prévision saisonnière ne se base pas uniquement sur une lecture des grands modèles météorologiques à très long terme (1 à 3 mois) qui sont à notre disposition. Avant cela, nous tâchons d’analyser les anomalies de pression et donc de température et de précipitation à l’aide des indices qui, interconnectés, peuvent aboutir à des schémas de temps prédominants (régimes de temps). Bien entendu nous nous focalisons essentiellement sur l’hémisphère nord pour les étudier et prévoir leur répercussion sur le climat Européen. Mais que sont ces indices exactement ? Ce sont en quelque sorte des facteurs climatologiques (des anomalies de temps qui ont une période de retour plus ou moins cyclique) que l’on qualifie souvent comme des oscillations excepté quelques-uns.

 

Nous utilisons donc à ce jour :

  1. La QBO (Quasi-Biennial Oscillation), l’activité solaire, l’ENSO (El Nino Southern Oscillation) et la SOI (Southern Oscillation Index), la PDO (Pacific Decadal Oscillation)
  2. Les SST (Sea Surface Temperature), la SAI (Snow Advance Index) ou SCI (Snow Cover Index), la MJO (Madden-Julian Oscillation).

 

Avec : (1) les grands paramètres comprenant un indice sur la stratosphère (la QBO), les cycles solaires, des indices dans le pacifique (l’ENSO et la SOI, la PDO) et (2) des indices d’enneigement (la SCI/SAI) ainsi qu’une oscillation dans le pacifique (la MJO) plus adaptée pour les prévisions sur 3 à 4 semaines.

Comme nous vous l’avons dit, des couplages entre plusieurs de ces paramètres permettent d’établir des prévisions pour le continent Européen. Le but de cette interprétation consiste donc à caractériser les régimes de temps dominants en Europe pendant l’hiver grâce aux anomalies de pression déduites des indices.

 

Régimes de temps en Europe (moyenne sur l'hiver)

Distribution des régimes de temps sur l'Atlantique Nord et l'Europe en hiver. Anomalie positive de pression en rouge (anticyclonique) et anomalie négative de pression en bleu (dépressionnaire)- http://www.insu.cnrs.fr

 

 

Tout d’abord jetons un œil à l’activité solaire. Celle-ci se trouve pratiquement au minimum qui doit être atteint en 2019/2020. Nous savons que l’activité solaire couplée à la QBO, lors de sa phase positive ou négative, peut donner des renseignements sur l’évolution des températures dans l’hémisphère nord en hiver. Toutefois nous sommes en pleine transition entre une QBO positive et négative ce qui pourrait entraîner des bouleversements en haute stratosphère (réchauffements soudains ou SSW pour Sudden Stratospheric Warming) avec de possibles répercussions jusqu’en troposphère comme ce que l’on a connu en fin d’hiver 2018 (fin février).

Le lien entre l’ENSO et la PDO est un marqueur du temps en Amérique du Nord mais des études ont montré qu’il existe des effets sur le climat Européen. En effet, le couplage actuel ENSO + (El Niño) et PDO – pourrait favoriser la présence de hauts géopotentiels à proximité de l’Islande et donc entraîner une NAO- (Oscillation Nord Atlantique) dominante pendant l'hiver.

Autres paramètres pris en compte, la SOI et la SCI. Des études menées en 2017 par des chercheurs français montrent qu’un lien entre la SCI et la SOI permet de dégager une tendance sur l’anomalie du champ de pression sur l’hémisphère nord. En effet, la connexion SCI+ (enneigement supérieur aux normales sur la Sibérie) et SOI neutre envisage une AO (Oscillation Arctique) négative durant l’hiver et donc une anomalie de pression positive en Arctique.

Enfin nous portons un regard attentif sur les SST dans l’Atlantique nord afin de voir si elles auront ou non un possible impact sur les grands mouvements des centres d’action mais aussi sur la SAI qui va nous permettre d’analyser la rigueur des offensives hivernales en fonction de l’enneigement en Europe et en Russie.

 

Par ailleurs, d'autres éléments nous aident à dessiner une tendance pour la saison hivernale. Il s'agit logiquement des modèles mais également de certains cycles à l'image du cycle de Brezowsky que nous allons évoquer ci-dessous ainsi que des statistiques qui peuvent parfois venir etayer la prévision.

 

Tout d'abord, en ce qui concerne les modèles météorologiques, on constate une très nette évolution et convergence vers un trimestre D/J/F froid et parfois humide sur l'Europe et la France. La majorité des modèles météorologiques saisonniers entrevoient une anomalie de hauts géopotentiels au niveau de la Scandinavie, de l'Islande et du Groenland avec un courant-jet circulant très au sud. Ce schéma est caractéristique du régime NAO- et favorise généralement un temps froid en Europe. Cette tendance NAO- est vue par la quasi-totalité des modèles sauf CFSv2 qui maintient un excès de douceur sur l'Europe. Donc, d'une manière générale l'hiver 2018-2019 devrait être froid si l'on s'en tient aux principaux modèles saisonniers.

En dehors de cela, il peut être utile de s'intéresser aux différents cycles météorologiques et notamment celui de Brezowski. Et pour cause, le cycle de Brezowski est un cycle avec une période de retour proche de 22 ans, il se caractérise par une forte anomalie de hautes pressions en direction de l'Europe et en particulier vers la Scandinavie. Le dernier cycle de Brezowski remonte à la fin des années 90, en 1997 très exactement. Depuis mai, les hautes pressions et hauts géopotentiels ont élu leur quartier général en Europe provoquant une saison estivale longue, chaude et très sèche. Nous pensons qu'il s'agit là de la mise en place d'un nouveau cycle de Brezowski tout en sachant que ce dernier peut durer de très long mois voire au-delà de 1 an. De ce fait, les conditions anticycloniques devraient persister en Europe ces prochaines semaines et prochains mois favorisant donc la mise en place d'un temps froid à la faveur de flux continentaux en Europe et en France.

Au niveau des statistiques, jamais la France n'a connu plus de 5 hivers consécutivement doux or, nous sortons de 5 hivers où l'anomalie globale de température sur le trimestre D/J/F a été supérieure à 0. De même, après 7 mois avec des anomalies positives de températures, la probabilité d'avoir du froid devient importante en cette fin d'année même s'il n'est pas impossible d'avoir une nouvelle anomalie douce. Globalement, les statistiques favoriseraient une anomalie froide même si elles ne peuvent à elles seules permettre d'anticiper l'anomalie des mois à venir. Cependant, elles sont intéressantes en étant couplées aux modèles et autres indices permettant ainsi de donner encore plus de poids à la tendance froide de cet hiver.

 


 

Tendances à l'échelle de la France pour le trimestre à venir 

 

 

Janvier : vers l'arrivée du froid pour la dernière décade

 

Tendance saisonnière : janvier 2019

 

Après un début de mois globalement froid mais sec, les conditions vont radicalement changer. A partir du 20 janvier, des conditions progressivement plus humides et hivernales devraient se mettre en place. Les dépressions pourraient circuler à même le pays en adoptant des trajectoires très méridiennes. La fin du mois devrait donc être placée sous le signe d'un froid humide avec des possibilités de neige en plaine. Au final, l'anomalie de température pourrait atteindre -2°C sur janvier.

 

 

Février : froid et neigeux

 

Tendance saisonnière : février 2019

 

Le froid devrait se maintenir bien qu'être moins intense pour le mois de février avec des anticyclones nordiques persistants. Le flux devrait régulièrement être orienté au secteur nord-est sur la majeure partie du pays notamment au Nord où le froid devrait être le plus mordant. Les dépressions auraient tendance à circuler assez bas puisque ces dernières sembleraient concerner une vaste zone de l'Europe Centrale à la France.

De ce fait, le froid devrait être régulièrement humide apportant des épisodes neigeux possiblement fréquents notamment au Nord et parfois autour de la Méditerranée. A noter que le Sud pourrait bénéficier de températures plus clémentes.

 

 

Mars : frais, giboulées

 

Tendance saisonnière : mars 2019

 

Le premier mois du printemps pourrait se dérouler sous des conditions relativement hivernales. Les dorsales sur l'Atlantique seraient fréquentes tandis que les dépressions auraient tendance à couler sur l'Europe Centrale. Le temps devrait donc être froid et instable sur l'ouest du continent. Un froid plus mordant n'est pas à exclure en tout début de mois.

 

 

En résumé...

 

Mois Description mensuelle (résumé) Fiabilité
Janvier

 

Fin de mois hivernale

La dernière décade devrait se dérouler sous l'influence d'un froid humide via l'installation d'un flux de nord/nord-ouest. Risque de neige en plaine.

 

-1°/-2°

smiley

60%

Février

 

Neigeux

Le froid devrait se poursuivre et devenir plus humide avec un risque d'épisodes neigeux fréquents en particulier sur la moitié Nord.

 

-1.5°/-2.5°

indecision

50%

Mars

 

Giboulées

Un temps instable devrait se mettre en place à la faveur d'un flux de nord froid et humide. Les giboulées seraient fréquentes avec des chutes de neige abondantes en montagne.

 

-1°/-2°

sad

40%

 
Tendance ultérieure

 

Les premières tendances pour le trimestre avril-mai-juin restent plutôt incertaines. Les températures devraient a priori être supérieures aux normales. Les précipitations devraient être déficitaires.

sad

30%

 

 

 


 

Explications et méthodes de réalisation de nos tendances saisonnières

 

La tendance saisonnière est une discipline particulièrement complexe de la météorologie. Cette science est plutôt récente, mais en pleine expansion en raison des attentes de certaines catégories professionnelles comme le tourisme, l'agriculture, l'énergie ou encore la consommation.

 

En termes de fiabilité, les résultats restent toujours limités, et sont donc à prendre avec un certain recul. A ce jour, la fiabilité des tendances saisonnières est estimée aux alentours de 60%.

 

Dans ses tendances, Météo-Contact a pour objectif de fournir une vue générale des conditions météo qui pourraient se produire au cours des six prochains mois en France. Compte tenu du manque de fiabilité de cette science, Météo-Contact propose simplement une tendance écrite, complétée d'un graphique des écarts de températures possibles basés sur les normales de la période de référence 1981-2010.

 

La tendance saisonnière proposée par Météo-Contact est réalisée à l'aide de modèles saisonniers tels que CFS (Climate Forecast System), IRI (International Research Institute), CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) et NCEP (National Centers for Environmental Prediction). Toutes ces données sont étudiées régulièrement par nos services et aboutissent chaque mois à un ou plusieurs scénario(s) pour les six prochains mois.

 

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