Météo-Contact
« Partageons ensemble le temps de demain »

Tendance saisonnière hiver 2022-2023


Quelles sont les tendances pour l'hiver 2022-2023 ? Météo-Contact va vous expliquer les méthodes de prévisions, les indices météorologiques et les projections pour les mois à venir...

 

Ambiance hivernale

Ambiance hivernale. Image d'illustration.

 

La réactualisation des tendances saisonnières pour le trimestre à venir a été réalisée le 25 octobre et s'étale jusqu'à janvier. Avant d’évoquer la prévision des prochains mois, il est nécessaire de faire une liste des outils que nous utilisons pour élaborer ces tendances qui sont les modèles numériques, les indices et les statistiques. Comme chaque année en début d'automne, nous proposons donc des prévisions détaillées qui se basent sur ces 3 principaux outils utilisés en commun pour estimer au mieux les anomalies de pression et de température sur l’Europe.

Pourquoi inclure ces 3 paramètres ? Les modèles numériques et les statistiques sont régulièrement utilisés pour les tendances saisonnières toute saison confondue. Seulement, les indices prennent leur importance en milieu d'automne jusqu’en mars généralement. En effet, ils sont efficaces lorsque les centres d’action commencent à bien se dessiner, il est donc plus facile d’identifier une situation météorologique de grande échelle (régimes de temps).

Parmi ces indices on retrouve des liens entre plusieurs paramètres comme la QBO (Oscillation Quasi Biennale) et l’activité solaire ou encore la PNA (Pacifique Nord-Américain) et l’ENSO (El Nino Southern Oscillation) par exemple.

 

Les modèles numériques 

 

Illustration des mailles d'un modèles numérique de très grande échelle

Illustration du maillage d'un modèle numérique de très grande échelle - proxy.eplanete.net

 

À ce jour nous utilisons 4 grands modèles numériques qui fournissent des tendances météo à très long terme (1 à 3 mois mais aussi jusqu’à 6 mois). Voici une liste des 4 modèles que nous utilisons actuellement.

 

→ CFS v2 (Seasonal Climate Forecasts) – modèle développé par l'agence météorologique américaine NOAA*.

→ CGCM (Coupled General Circulation Model) – modèle élaboré par l'agence japonaise JMA*.

→ MFS (Monthly Forecast System) – modèle développé par l'agence européenne ECMWF*.

→ IRI* probabilistic seasonal climate forecast – modèle américain développé avec la NOAA.

 

Ces modèles nous permettent de faire un rapprochement entre nos tendances expérimentales et les données qu’ils nous fournissent pour en déduire une anomalie plus ou moins proche de la réalité. Si la divergence est trop importante entre les modèles météorologiques et nos tendances, nous privilégions alors un scénario médian.

 

Les statistiques

 

Cet outil fait référence à la probabilité de récurrence d’anomalies sur l’Europe après une période de temps définie (un trimestre, un mois). Par exemple quelles conditions météorologiques peuvent avoir lieu en décembre après un automne doux et humide. Ces statistiques font aussi référence à des connexions entre plusieurs indices et leur répercussion dans le futur. Cette opération est ensuite répétée sur plusieurs années grâce aux archives à notre disposition (généralement entre 1950 et aujourd’hui). La partie indice est donc indispensable aux tendances saisonnières hivernales.

 

Les indices

 

Une panoplie d’indices est à notre disposition mais nous nous efforçons de traiter les plus importants d’entre eux donc ceux qui ont le plus d’impact sur l’Europe indirectement (ENSO, PNA (Pacific North America) ...) ou directement (SST , SAI (Snow Advance Index) …). Le couplage entre certains marqueurs est par ailleurs indispensable pour connaître les régimes de temps qui sont susceptibles de se produire.

 

On dénote deux grandes catégories d’indices pour la tendance saisonnière :

  1. Ceux qui vont nous permettre de dresser des prévisions au-delà de 2-3 mois comme la QBO, l’activité solaire, l’ENSO, la Niña, la PNA.
  2. Ceux qui ont une gamme de prévisibilité plus restreinte (prévision de 1 à 2 mois) comme les SST (Sea Surface Temperature), la SAI (Snow Advance Index)), la MJO (Madden-Julian Oscillation).

 

Une fois ces marqueurs mis en relations les uns avec les autres (pas n’importe lesquels !) des régimes de temps peuvent être identifiés et des anomalies en ressortent par la suite.

 

Distribution des régimes de temps sur l'Atlantique Nord et l''Europe

Distribution des régimes de temps sur l'Atlantique Nord et l'Europe. Anomalie positive de pression en rouge (anticyclonique) et anomalie négative de pression en bleu (dépressionnaire)- http://www.insu.cnrs.fr

 

 

Qu’en est-il de l’activité solaire ?

 

D’après certaines recherches, il semblerait que les hivers présentant une anomalie négative ou non significative se sont produits en grande majorité lors des minimums solaires. Actuellement, l’activité solaire est certes plus importante que prévu, mais globalement plus faible que les cycles précédents. Cette tendance va se poursuivre dans les années à venir avec le cycle solaire 25. Quant à l’influence de l’activité solaire sur l’hiver à venir, des doutes persistent notamment en lien avec l’influence du réchauffement climatique et ses bouleversements qu’il engendre. Difficile alors de se projeter dans une tendance en tenant compte des effets des changements climatiques. Finalement, même si l’activité solaire semble en accord avec le retour d’hivers plus froids, la machine climatique telle que nous la connaissons actuellement pourrait contredire ces hypothèses.

 


 

Quelle est la tendance pour l'hiver 2022-2023 ?

 

Pour l'hiver 2022-2023, plusieurs indices sont à surveiller, notamment le phénomène la Niña qui se poursuit dans le Pacifique et devrait se maintenir jusqu'au printemps prochain, cette dernière est favorable à un refroidissement à l'échelle de la planète (mais pas forcément de l'Europe). La QBO (Oscillation quasi-biennale) est également à suivre, cette dernière jusque là négative semble devenir plus positive au cours du dernier trimestre 2022, ce qui serait favorable à l'installation d'un temps assez perturbé et doux.

Selon les différents indices étudiés, nous pensons que l'hiver à venir pourrait débuter avec un mois de décembre sous l'influence de conditions météo classiques, à savoir une alternance entre périodes anticycloniques fraîches et douceur perturbée. Ensuite, une tendance plus perturbée semblerait l'emporter pour les mois de janvier et février, le tout avec des températures globalement plus douces que la normale.

Vous l'aurez compris, en moyenne sur les trois mois de l'hiver (décembre-janvier-février), les températures sembleraient être plutôt au-dessus des normales saisonnières. L'anomalie trimestrielle pourrait tourner entre +0,3 et +0,8 degré. Pour l'heure, le scénario d'un hiver froid semble donc très peu probable, malgré un mois de décembre possiblement plus froid.

 

 anthony   Article écrit par Anthony Grillon

 

Vous avez aimé cet article ? Alors partagez-le avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous

Dernière mise à jour le Dimanche 30 octobre 2022 à 18:08:17

À lire aussi...

Froid et neige : Quelles secteurs touchés ?

Le froid va s'accentuer sur notre territoire, la neige va aussi faire ses premières apparitions en plaine dès ce vendredi...

Lire l'article

Tendance météo pour l’hiver 2022-2023

Quelle évolution pour l'hiver 2022-2023 ? Voici la tendance saisonnière élaborée par Météo-Contact pour le trimestre décembre-janvier-février...

Lire l'article

Vague de froid, un terme souvent utilisé à tort

Vague de froid, froid polaire... Des termes météo souvent utilisés à tort dans les médias en hiver. Effet buzz ou réalité météorologique, nous vous expliquons le vrai du faux...

Lire l'article

Tendance météo pour le mois de décembre 2022

Alors que la fin de l'automne météo approche peu à peu, nous allons nous intéresser à la tendance du mois de décembre en France...

Lire l'article
Écrire un commentaire :
Erreur ! Veuillez vous connecter pour laisser un commentaire.