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Tendance saisonnière pour l'hiver 2020/2021


hiver

 

L'année 2020 reste pour le moins surprenante avec une anomalie douce record sur les dix premiers mois, s'établissant à un peu plus de +1,50 degré. Néanmoins, l'anomalie de 16 mois consécutifs au-dessus des normales a observé un coup d'arrêt en octobre puisqu'un léger déficit de -0,5 degré a été observé. Au final, l'automne s'est avéré très doux malgré un mois d'octobre légèrement plus frais que la normale. Avec une anomalie d'environ 1 degré par rapport à la moyenne 1981-2010, cet automne se classe parmi les plus doux depuis le début des relevés. Concernant les précipitations, elles ont été proches de la normale, mais très hétérogènes selon les régions. Enfin, l'ensoleillement s'est montré généreux, de nombreux excédents ont été observés, notamment en novembre.

Maintenant, intéressons-nous à l’hiver météorologique 2020/2021 qui rappelons-le débute le 1er décembre et s’achève le 28 février. Comme évoqué dans les précédents articles dédiés aux tendances saisonnières, nous utilisons un certain nombre de modèles météorologiques qui permettent d’obtenir un premier aperçu des anomalies qui se dégagent pour les 4 à 6 prochains mois. La fiabilité de ces tendances reste cependant discutable avec une précision dans les calculs qui diminue de mois en mois. Les premiers signaux sur la saison hivernale commencent à apparaître à la fin de l’été grâce aux indices climatiques tels que l’ENSO par exemple, mais aussi l’activité solaire.

Commençons par aborder les tendances hivernales par rapport aux modèles météorologiques. Lors de chaque réactualisation des tendances saisonnières nous nous appuyons sur 3 grands modèles météorologiques délivrés par trois organismes météorologiques différents qui sont les suivants :

 

CFS (Seasonal Climate Forecasts) – Modèle développé par l'agence météorologique américaine NOAA.

CGCM (Coupled General Circulation Model) – Modèle élaboré par l'agence japonaise JMA.

MFS (Monthly Forecast System) – Modèle développé par l'agence européenne ECMWF.

 

A l’heure actuelle, les projections des modèles envisagent des températures plutôt au-dessus des normales et ce tout au long de l'hiver. Le risque de connaître le 8e hiver consécutif au-dessus des normales est donc bien réel. Côté précipitations, il semblerait qu’elles soient dans les normales saisonnières voire légèrement déficitaires en début de période.

tendance

Tendance saisonnière de la température à 2m du modèle saisonnier américain cfs v2 pour le trimestre à venir - www.cpc.ncep.noaa.gov

 

Intéressons-nous maintenant à l’indice ENSO (phase chaude El Niño ou phase froide La Niña) qui, même s'il n’impacte pas l’Europe directement, peut avoir une légère influence lorsque l’on regarde les statistiques (occurrence d’hivers froids plus fréquente lors d’épisodes la Nina par exemple). Les projections actuelles envisagent un épisode La Niña jusqu'au printemps prochain, pouvant s'avérer modéré à sévère selon l'Organisation météorologique mondiale, c’est-à-dire que des conditions plus froides qu'à l'accoutumée sont envisagées au niveau de la surface de l'océan dans les parties centrales et orientales du Pacifique équatorial. Une anomalie entre -1,6 et -3,0 degrés est ainsi envisagée. Dans ce cas, étant donné que le lien entre l'ENSO et les conditions météorologiques en Europe n'est pas établi, nous ne pouvons pas émettre de tendances fiables vis-à-vis de ce paramètre, même si au niveau mondial l'impact est certain.

 

Il y a également les statistiques, cet outil fait référence à la probabilité de récurrence d’anomalies sur l’Europe après une période de temps définie (un trimestre, un mois). Par exemple quelles conditions météorologiques peuvent avoir lieu en décembre après un automne doux et humide. Ces statistiques font aussi référence à des connexions entre plusieurs indices et leur répercussion dans le futur : cet hiver, l’activité solaire sera très faible et la QBO sera en hausse, durant l’hiver 1984-85 la configuration était similaire → comportement de l’ENSO à cette période ? + autres paramètres → Conclusion. Cette opération est ensuite répétée sur plusieurs années grâce aux archives à notre disposition (généralement entre 1950 et aujourd’hui). La partie indice est donc indispensable aux tendances saisonnières hivernales.

 

Concernant l'activité solaire, d’après certaines recherches, il semblerait que les hivers présentant une anomalie négative ou non significative se sont produits en grande majorité lors des minimums solaires. Actuellement, l’activité solaire est au plus bas et cette tendance va se poursuivre dans les années à venir avec le cycle solaire 25. Quant à l’influence de l’activité solaire sur l’hiver à venir, des doutes persistent notamment en lien avec l’influence du réchauffement climatique et ses bouleversements qu’il engendre. Difficile alors de se projeter dans une tendance en tenant compte des effets des changements climatiques. Finalement, même si l’activité solaire semble en accord avec le retour d’hivers plus froids, la machine climatique telle que nous la connaissons actuellement pourrait contredire ces hypothèses.

 

activité solaire

Activité solaire du cycle 24 et projection pour le cycle 25

 

Comme dit précédemment, nous nous intéressons ici à plusieurs paramètres tels que l'ENSO, l'activité solaire et les modèles météorologiques mais nous utilisons aussi d'autres éléments tels que les SST (Sea Sea Temperature), la QBO (Quasi Biennial Oscillation) et d'autres indices encore ( la PDO, la SAI ...). Tous ces différents indices ou oscillations sont confrontés à des statistiques. C'est à dire que nous regardons leur comportement à l'instant présent en essayant de faire un rapprochement avec des situations similaires dans le passé grâce aux archives météorologiques. Ceci dit cela reste un exercice délicat qui n'aboutit pas forcément à des bons scores. Cependant nous nous efforçons d'utiliser le plus large panel d'indices possibles afin de vous délivrer une tendance qui se veut être la plus fiable possible.

Nous vous évoquions au début de l'article une tendance globale de l'hiver, mais si nous allons un peu plus dans les détails, nous envisageons un mois de décembre plus perturbé en raison d'un flux assez dynamique, le mercure serait très fluctuant, mais plus frais en première et dernière décade. L'influence perturbée pourrait prendre un peu plus ses quartiers au cours des mois de janvier et février en raison d'un flux d'ouest devenant un peu plus vigoureux, mais cela reste largement à confirmer. Les températures seraient dans l'ensemble assez proches la normale, et ce peut-être pour les trois mois de l'hiver météorologique, même si pour l'heure, il est difficile d'estimer les écarts thermiques mensuels. Une légère anomalie positive reste probable sur l'ensemble de l'hiver, alors qu'un scénario plus froid que la normale nous semble peu probable.

Pour résumer, une tendance de saison semble s'imposer en France entre décembre 2020 et février 2021, le tout accompagné de précipitations possiblement déficitaires en décembre puis plus proches voire excédentaires les mois suivants.

 

 anthony   Article écrit par Anthony Grillon

 

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Dernière mise à jour le Mercredi 30 décembre 2020 à 15:40:21

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