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Tendance saisonnière pour l'hiver 2020/2021


logo Article écrit par Anthony Grillon

L'année 2020 reste pour le moins surprenante avec une anomalie douce record sur les dix premiers mois, s'établissant à un peu plus de +1,50 degré. Néanmoins, l'anomalie de 16 mois consécutifs au-dessus des normales a observé un coup d'arrêt en octobre puisqu'un léger déficit de -0,5 degré a été observé. Cela n'empêchera pas à l'automne qui se termine le 30 novembre de s'avérer nettement plus doux que la moyenne. D'ailleurs ce mois de novembre 2020 pourrait figurer parmi les plus doux depuis le début des relevés météo, alors que l'année en son intégralité pourrait devenir l'année la plus chaude jamais observée en France.

 

hiver 2020/2021

 

Maintenant, intéressons-nous à l’hiver météorologique 2020/2021 qui rappelons-le débute le 1er décembre et s’achève le 28 février. Comme évoqué dans les précédents articles dédiés aux tendances saisonnières, nous utilisons un certain nombre de modèles météorologiques qui permettent d’obtenir un premier aperçu des anomalies qui se dégagent pour les 4 à 6 prochains mois. La fiabilité de ces tendances reste cependant discutable avec une précision dans les calculs qui diminue de mois en mois. Les premiers signaux sur la saison hivernale commencent à apparaître à la fin de l’été grâce aux indices climatiques tels que l’ENSO par exemple, mais aussi l’activité solaire.

Commençons par aborder les tendances hivernales par rapport aux modèles météorologiques. Lors de chaque réactualisation des tendances saisonnières nous nous appuyons sur 3 grands modèles météorologiques délivrés par trois organismes météorologiques différents qui sont les suivants :

CFS (Seasonal Climate Forecasts) – Modèle développé par l'agence météorologique américaine NOAA.

CGCM (Coupled General Circulation Model) – Modèle élaboré par l'agence japonaise JMA.

MFS (Monthly Forecast System) – Modèle développé par l'agence européenne ECMWF.

 

A l’heure actuelle, les projections des modèles envisagent des températures plutôt au-dessus des normales et ce tout au long de l'hiver. Le risque de connaître le 8e hiver consécutif au-dessus des normales est donc bien réel. Côté précipitations, il semblerait qu’elles soient dans les normales saisonnières voire légèrement déficitaires en début de période.

Anomalie temperatures Europe

Tendance saisonnière de la température à 2m du modèle saisonnier américain cfs v2 pour le trimestre à venir - www.cpc.ncep.noaa.gov

 

Intéressons-nous maintenant à l’indice ENSO (phase chaude El Niño ou phase froide La Niña) qui, même s'il n’impacte pas l’Europe directement, peut avoir une légère influence lorsque l’on regarde les statistiques (occurrence d’hivers froids plus fréquente lors d’épisodes la Nina par exemple). Les projections actuelles envisagent un épisode La Niña jusqu'au printemps prochain, pouvant s'avérer modéré à sévère selon l'Organisation météorologique mondiale, c’est-à-dire que des conditions plus froides qu'à l'accoutumée sont envisagées au niveau de la surface de l'océan dans les parties centrales et orientales du Pacifique équatorial. Une anomalie entre -1,6 et -3,0 degrés est ainsi probable. Dans ce cas, étant donné que le lien entre l'ENSO et les conditions météorologiques en Europe n'est pas établi, nous ne pouvons pas émettre de tendances fiables vis-à-vis de ce paramètre, même si au niveau mondial l'impact est certain.

 

Concernant l'activité solaire, d’après certaines recherches, il semblerait que les hivers présentant une anomalie négative ou non significative se sont produits en grande majorité lors des minimums solaires. Actuellement, l’activité solaire est au plus bas et cette tendance va se poursuivre dans les années à venir avec le cycle solaire 25. Quant à l’influence de l’activité solaire sur l’hiver à venir, des doutes persistent notamment en lien avec l’influence du réchauffement climatique et ses bouleversements qu’il engendre. Difficile alors de se projeter dans une tendance en tenant compte des effets des changements climatiques. Finalement, même si l’activité solaire semble en accord avec le retour d’hivers plus froids, la machine climatique telle que nous la connaissons actuellement pourrait contredire ces hypothèses.

 

Cycle solaire 24

Activité solaire du cycle 24 et projection pour le cycle 25

 

Comme dit précédemment, nous nous intéressons ici à plusieurs paramètres tels que l'ENSO, l'activité solaire et les modèles météorologiques, mais nous utilisons aussi d'autres éléments tels que les SST (Sea Sea Temperature), la QBO (Quasi Biennial Oscillation) et d'autres indices encore (la PDO, la SAI ...). Tous ces différents indices ou oscillations sont confrontés à des statistiques. C'est à dire que nous regardons leur comportement à l'instant présent en essayant de faire un rapprochement avec des situations similaires dans le passé grâce aux archives météorologiques. Ceci dit cela reste un exercice délicat qui n'aboutit pas forcément à des bons scores. Cependant nous nous efforçons d'utiliser le plus large panel d'indices possibles afin de vous délivrer une tendance qui se veut être la plus fiable possible.

 

Nous vous évoquions au début de l'article une tendance globale de l'hiver, mais si nous allons un peu plus dans les détails, nous envisageons un mois de décembre possiblement influencé par la résistance des hautes pressions déjà présentes en novembre. Nous pensions ces derniers mois, que ce mois deviendrait plus perturbé, mais ce scénario semble désormais devenir minoritaire. L'influence perturbée pourrait finalement prendre ses quartiers au cours des mois de janvier et février en raison d'un flux d'ouest devenant un peu plus dynamique, mais cela reste largement à confirmer. Les températures seraient dans l'ensemble plus douces que la normale, et ce peut-être pour les trois mois de l'hiver météorologique, même si pour l'heure, il est difficile d'estimer les écarts thermiques mensuels.

Pour résumer, une tendance douce semble s'imposer en France entre décembre 2020 et février 2021, le tout accompagné de précipitations possiblement déficitaires en décembre puis plus proches voire excédentaires les mois suivants.

 


 

Pour les plus curieux, n'hésitez pas à consulter nos tendances saisonnières détaillées pour les mois à venir :

Prévisions

Tendances saisonnières

Dans ses tendances, Météo-Contact a pour objectif de fournir une vue générale des conditions météo qui pourraient se produire au cours des six prochains mois en France. La tendance saisonnière proposée par Météo-Contact est réalisée à l'aide de modèles saisonniers tels que CFS, IRI, CEPMMT et NCEP.

 

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Dernière mise à jour le Samedi 21 novembre 2020 à 12:43:12

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