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Tendance saisonnière hiver 2021-2022


La réactualisation des tendances saisonnières pour le trimestre à venir a été réalisée le 25 novembre et s'étale jusqu'à février, soit l'intégralité de l'hiver à venir. Avant d’évoquer la prévision des prochains mois, il est nécessaire de faire une liste des outils que nous utilisons pour élaborer ces tendances qui sont les modèles numériques, les indices et les statistiques. Comme chaque année en début d'automne, nous proposons donc des prévisions détaillées qui se basent sur ces 3 principaux outils utilisés en commun pour estimer au mieux les anomalies de pression et de température sur l’Europe.

Pourquoi inclure ces 3 paramètres ? Les modèles numériques et les statistiques sont régulièrement utilisés pour les tendances saisonnières toute saison confondue. Seulement, les indices prennent leur importance en milieu d'automne jusqu’en mars généralement. En effet, ils sont efficaces lorsque les centres d’action commencent à bien se dessiner, il est donc plus facile d’identifier une situation météorologique de grande échelle (régimes de temps).

Parmi ces indices on retrouve des liens entre plusieurs paramètres comme la QBO (Oscillation Quasi Biennale) et l’activité solaire ou encore la PNA (Pacifique Nord-Américain) et l’ENSO (El Nino Southern Oscillation) par exemple.

 

Les modèles numériques 

 

Illustration des mailles d'un modèles numérique de très grande échelle

Illustration du maillage d'un modèle numérique de très grande échelle - proxy.eplanete.net

 

À ce jour nous utilisons 4 grands modèles numériques qui fournissent des tendances météo à très long terme (1 à 3 mois mais aussi jusqu’à 6 mois). Voici une liste des 4 modèles que nous utilisons actuellement.

 

→ CFS v2 (Seasonal Climate Forecasts) – modèle développé par l'agence météorologique américaine NOAA*.

→ CGCM (Coupled General Circulation Model) – modèle élaboré par l'agence japonaise JMA*.

→ MFS (Monthly Forecast System) – modèle développé par l'agence européenne ECMWF*.

→ IRI* probabilistic seasonal climate forecast – modèle américain développé avec la NOAA.

 

Ces modèles nous permettent de faire un rapprochement entre nos tendances expérimentales et les données qu’ils nous fournissent pour en déduire une anomalie plus ou moins proche de la réalité. Si la divergence est trop importante entre les modèles météorologiques et nos tendances, nous privilégions alors un scénario médian.

 

Les statistiques

 

Cet outil fait référence à la probabilité de récurrence d’anomalies sur l’Europe après une période de temps définie (un trimestre, un mois). Par exemple quelles conditions météorologiques peuvent avoir lieu en décembre après un automne doux et humide. Ces statistiques font aussi référence à des connexions entre plusieurs indices et leur répercussion dans le futur : cet hiver, l’activité solaire sera faible et la QBO sera probablement négative, durant l’hiver 1984-85 la configuration était similaire → comportement de l’ENSO à cette période ? + autres paramètres → Conclusion. Cette opération est ensuite répétée sur plusieurs années grâce aux archives à notre disposition (généralement entre 1950 et aujourd’hui). La partie indice est donc indispensable aux tendances saisonnières hivernales.

 

Les indices

 

Une panoplie d’indices est à notre disposition mais nous nous efforçons de traiter les plus importants d’entre eux donc ceux qui ont le plus d’impact sur l’Europe indirectement (ENSO, PNA (Pacific North America) ...) ou directement (SST , SAI (Snow Advance Index) …). Le couplage entre certains marqueurs est par ailleurs indispensable pour connaître les régimes de temps qui sont susceptibles de se produire.

 

On dénote deux grandes catégories d’indices pour la tendance saisonnière :

  1. Ceux qui vont nous permettre de dresser des prévisions au-delà de 2-3 mois comme la QBO, l’activité solaire, l’ENSO, la Niña, la PNA.
  2. Ceux qui ont une gamme de prévisibilité plus restreinte (prévision de 1 à 2 mois) comme les SST (Sea Surface Temperature), la SAI (Snow Advance Index)), la MJO (Madden-Julian Oscillation).

 

Une fois ces marqueurs mis en relations les uns avec les autres (pas n’importe lesquels !) des régimes de temps peuvent être identifiés et des anomalies en ressortent par la suite.

 

Distribution des régimes de temps sur l'Atlantique Nord et l''Europe

Distribution des régimes de temps sur l'Atlantique Nord et l'Europe. Anomalie positive de pression en rouge (anticyclonique) et anomalie négative de pression en bleu (dépressionnaire)- http://www.insu.cnrs.fr

 

 

Qu’en est-il de l’activité solaire ?

 

D’après certaines recherches, il semblerait que les hivers présentant une anomalie négative ou non significative se sont produits en grande majorité lors des minimums solaires. Actuellement, l’activité solaire est au plus bas et cette tendance va se poursuivre dans les années à venir avec le cycle solaire 25. A l'inverse, une étude de la National Center for Atmospheric Research envisage une activité solaire plus intense que le cycle 24. Quant à l’influence de l’activité solaire sur l’hiver à venir, des doutes persistent notamment en lien avec l’influence du réchauffement climatique et ses bouleversements qu’il engendre. Difficile alors de se projeter dans une tendance en tenant compte des effets des changements climatiques. Finalement, même si l’activité solaire semble en accord avec le retour d’hivers plus froids, la machine climatique telle que nous la connaissons actuellement pourrait contredire ces hypothèses.

 


 

Quelle évolution probable dans les mois qui viennent en France ?

 

Pour l'hiver 2021-2022, plusieurs indices sont à surveiller, notamment le phénomène la Niña qui se renforce dans le Pacifique et devrait atteindre son paroxysme d'ici la fin de l'année, cette dernière est favorable à un refroidissement à l'échelle de la planète (mais pas forcément de l'Europe). La QBO est également à suivre, cette dernière est prévue d'être plutôt négative jusqu'en fin d'année, ce qui serait favorable à l'installation d'un temps assez hivernal précoce. Un hiver qui arrive tôt, ne veut pas forcément dire que l'hiver sera rude en intégralité.

Selon les différents indices étudiés, nous pensons que l'hiver à venir pourrait débuter avec un mois de décembre sous l'influence de conditions météo classiques, à savoir une alternance entre périodes anticycloniques fraîches et douceur perturbée. Ensuite, une tendance plus perturbée semblerait l'emporter pour les mois de janvier et février, le tout avec des températures globalement plus douces que la normale, bien qu'un scénario proche de la moyenne puisse l'emporter si l'humidité est moins récurrente qu'initialement prévu.

Vous l'aurez compris, en moyenne sur les trois mois de l'hiver (décembre-janvier-février), les températures sembleraient être plutôt au-dessus des normales saisonnières. L'anomalie trimestrielle pourrait tourner entre +0,4 et +0,9 degré. Pour l'heure, le scénario d'un hiver froid semble donc très peu probable.

 

 anthony   Article écrit par Anthony Grillon

 

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Dernière mise à jour le Mardi 04 janvier 2022 à 17:36:40

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