El Niño : phase de déclin en cours


 

Nous venons de connaître l'un des épisodes El Niño le plus intense depuis le début des relevés météorologiques, comparable à celui de 1997/1998. En effet, ce phénomène climatique naturel n'est pas passé inaperçu ces derniers temps en causant bon nombre de dérèglements dans les régions les plus exposées. Celui-ci va décroître lors des mois à venir.

 

 

Quelques informations sur El Niño

 

El Niño se caractérise par une température de la surface de l’eau anormalement chaude qu’à l’habitude dans la zone équatoriale de l’océan Pacifique. Ce phénomène est la conséquence d'une perturbation dans la circulation atmosphérique entre les pôles et l'équateur au niveau de l'océan Pacifique. Il en découle un déplacement des zones de précipitations vers l'Est dans l’océan Pacifique, ce qui empêche la remontée d'eau froide le long de la côte Ouest de l'Amérique du Sud.

 

El Niño est souvent associé à La Niña ; il s'agit en fait de deux phénomènes opposés (regionalement parlant) l'un de l'autre : tandis que El Niño tend à réchauffer les eaux de l'Océan Pacifique de la zone équatoriale aux côtes Sud-Américaines, La Niña tend plutôt à les refroidir. L'occurrence d'un épisode El Nino est plutôt variable dans le temps (allant de 4 à 7 ans), cependant les El Nino forts (anomalie de +1.5°C) se produisent tous les 10 à 15 ans. De plus, après un épisode El Niño, il s'ensuit le plus souvent d'un épisode La Niña.

 

 Les effets d'El Niño dans le Monde

Les effets d'El Niño dans le Monde

 

 

Un El Niño un peu trop présent ces derniers temps

 

Les effets d'El Niño en Europe ne sont pas encore bien connus, nous ne pouvons donc pas faire de véritable corrélation entre ce phénomène et cet hiver très doux, bien que la dynamique atmosphérique particulièrement active (amplifiée par El Niño) ait empêché la venue de véritables changements de régime au sein de l'hémisphère nord. Comme le montre le schéma ci-dessus, lors de ce phénomène - le courant jet polaire - responsable des changements de temps en fonction de son orientation, ne subit pas de trop larges oscillations car le rail dépressionnaire assez actif freine la survenue de conditions hivernales. L'Amérique du Nord est particulièrement exposée à ce genre de situation (mais des vagues de froid restent tout à fait envisageables).

 

Plus généralement ce réchauffement des eaux dans le Pacifique a des impacts sur les conditions météorologiques à l’échelle planétaire. El Niño se traduit donc par une hausse des températures et du temps plus sec dans plusieurs régions du globe tandis que d'autres régions sont touchées par d'importantes précipitations et des typhons détournés de leur route habituelle.

 

 

Le phénomène s'essouffle enfin !

 

Les prévisions de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) annoncent un affaiblissement du phénomène dès le début du printemps qui devrait se poursuivre au début de l’été pour se retrouver en phase plus neutre. On remarque aussi que les anomalies de température de l’eau à la surface de l’océan ont diminué au cours des quatre dernières semaines. Toutefois, une question reste présente : "et après ?" 

Les effets d'El Niño resteront encore présents durant cette année, car l'énergie emmagasinée par les océans et l'atmosphère mettra du temps à se dissiper. Comme nous l'avons évoqué plus haut, un phénomène El Niño est la plupart du temps suivi par La Niña. Nous suivrons donc de près l'évolution de la situation au cours des prochains mois.

 

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Dernière mise à jour le Vendredi 04 mars 2016 à 12:48:26

 
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