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2021 : 50% de CO2 dans l'atmosphère en plus qu’avant l’ère industrielle


Le CO2, ou dioxyde de carbone, est présent naturellement dans l’atmosphère terrestre. Mais depuis la révolution industrielle, une quantité colossale de ce gaz se retrouve dans l’air, à des taux jusque là jamais mesurés. Le dioxyde de carbone est dangereux pour la planète car il contribue au réchauffement climatique.

 

Le taux de CO2 dans l’atmosphère se mesure en ppm, c’est-à-dire en partie par million. Ainsi par exemple, 2 ppm équivaut à 2 g par tonne d’air. Ainsi, en 2015 le seuil des 400 ppm de CO2 était dépassé. Aujourd’hui, d’après le Scripps Institution of Oceanography, le chiffre avoisine les 415 ppm.

Depuis le début de l’ère industrielle, le cap des 25% d’augmentation a été atteint en 1986. 35 ans plus tard, l’augmentation est double ; on assiste à une forte accélération du taux de CO2. En effet, à la fin du XVIIIe siècle, le taux était de 278 ppm dans l’atmosphère. L'augmentation est extrêmement forte et rapide. Les 417 ppm devraient être dépassés au printemps prochain, ce qui représente un taux de CO2 présent dans l’atmosphère 50% plus élevé que celui présent avant l’ère industrielle !

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Taux de CO2 dans l’atmosphère en date du 12/01/2021 à partir de 1700. Mesuré via datation avant 1958, et à Mauna Loa (Hawaï) par la suite - Scripps Institution of Oceanography 

 

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Taux de CO2 dans l’atmosphère en date du 12/01/2021 à partir de 1968. Mesuré à Mauna Loa (Hawaï) - Scripps Institution of Oceanography 

 

Chaque année, un pic de ce taux se situe vers la fin du printemps. Les forêts de l’hémisphère nord contribuent à la baisse significative du taux de CO2 en saison estivale. Mais à n’en pas douter qu’au printemps 2022, un nouveau pic risque d’être atteint. Cette année la hausse est quelque peu limitée par le phénomène de la Niña favorisant le développement des forêts tropicales pour absorber une partie du dioxyde de carbone présent dans l’air. Il n'empêche que la concentration annuelle moyenne de 2021 avoisinera les 416 ppm.

La baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2020 liée à la crise sanitaire mondiale n’altère quasiment pas la courbe du taux de CO2 dans l’atmosphère, croissante depuis des décennies. Occultons un instant l’année 2020, si particulière. Le niveau de CO2 dans l’atmosphère augmente de manière continue, et de plus en plus rapidement chaque années, notamment depuis une dizaine d'année, de quoi craindre les années qui suivent.

 

Remontons plus loin. Une technique de datation via les plantes permet d'atteindre 23 millions d'années avant notre ère afin de mesurer les concentrations de CO2 dans l’air.

 

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Estimation de la concentration de CO2 en ppm présent dans l'atmosphère grâce à la datation. La marge d'erreur est représentée par la plage verte. Les mesures récentes de 2019 et les prévisions sont signifiées en rouge. Adapté de Yung Cui et al. - Geoscience World 

 

L’ère industrielle et les prévisions sont nettement au-dessus des taux mesurés dans le passé via cette datation. Bien qu'ayant une marge d'erreur, d'après la datation on peut apercevoir une tendance à la baisse depuis 23 millions d'années jusqu'à l'ère industrielle, passant de 350 ppm à 278 ppm mesurés à la fin du XVIIIe siècle. Nous avons dépassé des seuils importants depuis quelques années. Pour que la courbe s'inverse, il faudrait cesser toute émission de CO2 pendant au moins 30 ans, autant dire que le défi est dur à relever.

 

 damien   Article écrit par Damien Valette

 

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Dernière mise à jour le Mercredi 07 avril 2021 à 10:09:45

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