2016 : le grand écart ?


 

Le mois de juin, souvent humide et très nébuleux sur la majeure partie du pays, a achevé une première moitié d'année 2016 souvent très humide et peu ensoleillée dans l'ensemble.

Les pluies ont en effet été très abondantes, atteignant déjà par endroit le cumul qui avait été atteint sur toute l'année 2015 (soit sur 12 mois), marquée par une sécheresse assez prononcée à l'échelle de la France.

C'est dès le tout début d'année que la pluie a été au rendez-vous puisque le mois de janvier avait souvent battu des records sur la façade atlantique et sur l'Ouest du Massif Central. On enregistrait par exemple 233,8 mm à Bordeaux, 265,8 mm à Biarritz, 286,9 mm à Brest... Et jusqu'à 302,6 mm à Quimper !

Le mois de février ayant été à peine moins humide, les records du premier trimestre le plus pluvieux ont, selon les endroits, été atteints dès la sortie de l'hiver météorologique.

Le printemps (mars-avril-mai) qui a suivi a été globalement très humide, quoique quand même très contrasté selon les endroits. Cette fois, ce sont davantage les régions centrales, du bassin parisien, du Nord, de la Bourgogne et de la Champagne qui ont été très arrosées. Pendant ce temps, un temps plus sec s'installait sur le Nord-Ouest et on était assez proche des normes sur le reste des régions de la façade atlantique.

Sur toutes ces régions, ainsi que sur les piémonts de l'Ouest du Massif Central, du Jura et du Doubs, les cumuls pluviométriques sur ce premier trimestre 2016 ont souvent battu des records. C'est le cas à Bergerac, Brive, Limoges, Aurillac, Bourges, Romorantin, Blois, Orléans, Orly, Roissy, Besançon, Dôle, Bâle-Mulhouse, Colmar, Strasbourg, Beauvais, Lille, Saint-Quentin, Troyes... Certains de ces records ayant même été battus avec plus de 100 mm d'écart, comme à Blois et Besançon (qui atteint déjà 1 076 mm !).

En voyant apparaître la majorité des stations des bassins versants de la Seine et de la Loire, on comprend rapidement le pourquoi des importantes crues de ces fleuves et de certains de leurs affluents ! Il faut tout de même rappeler que ces inondations ne sont pas totalement dues à des facteurs météorologiques, mais aussi au fait qu'on se trouve là dans des régions où les sols, fragilisés par l'agriculture intensive, ont du mal à absorber les surplus de précipitations (contrairement aux sols des prairies et des forêts qui ont une plus grande capacité de "stockage"). Cela n'en reste pas moins un évènement majeur, avec une durée de retour variable selon les cours d'eau concernés.

 

 

Pourquoi parler de "grand écart" ?

 

Premièrement, on observe un net contraste avec l'année 2015 qui, comme précisé précédemment, a été marquée par une sécheresse relativement importante, dans le temps comme dans l'espace.

Mais aussi et surtout parce qu'à l'autre bout du pays, dans les régions méditerranéennes, c'est un tout autre décor qui s'offre aux habitants ! On parle beaucoup depuis deux à trois semaines des nombreux incendies qui se déclenchent tous les jours. Et bien que l'on puisse se dire que la sécheresse estivale est une composante du climat méditerranéen, il n'en reste pas moins que la saison de recharge (automne et hiver) a été largement insuffisante sur ces régions et que le printemps n'a pas vraiment arrangé les choses. En conséquence, en plus d'une nette baisse des réserves d'eau, l'assèchement en surface (et notamment au niveau de la végétation) s'est fait de manière prématurée, renforçant largement le risque d'incendie, et donc la vigilance, dès le tout début d'été sur les massifs forestiers.

Si actuellement la situation est assez problématique sur tout le pourtour méditerranéen (arrière-pays compris), la sécheresse est particulièrement prononcée dans certains départements, notamment sur la moitié Est des Bouches-du-Rhône, ainsi que sur le Roussillon, la plaine Audoise et le Sud-Languedoc. Sur ces secteurs du Languedoc-Roussillon il s'agit de la deuxième année consécutive qui se révèle très sèche. C'est donc logiquement que les premières restrictions sur l'usage de l'eau commencent à être déclenchées sur les secteurs les plus durement touchés.

Depuis le début d'année on ne relève que 152,5 mm à Marignane (13), 170,2 mm à Leucate (11) 172,5 mm à Salon de Provence (13), 177,3 mm à Sète (34), 186,4 mm à Aix en Provence (13)...

Sur ces régions où nous sommes désormais pleinement entrés dans la saison sèche jusqu'en août, si l'automne ne se révèle pas humide, des records de faible pluviométrie annuelle seraient envisageables, même si cela reste très hypothétique puisque nous savons qu'il suffit d'un ou deux épisodes méditerranéens pour rapidement résorber une sécheresse, même très bien installée.

 

 


 

Pour les plus curieux, n'hésitez pas à consulter notre rubrique événements climatiques :

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Dernière mise à jour le Lundi 25 juillet 2016 à 07:39:39

 
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